Monorail d’Alger : le projet prend forme
Le projet du monorail d'Alger entre dans une phase décisive, promettant de transformer durablement la mobilité urbaine © Pexels - Algérie Zoom
Longtemps évoqué, souvent repoussé, le monorail d’Alger semble enfin sortir du brouillard. Études bouclées, partenaires identifiés, lignes esquissées. Pour les autorités, ce projet n’est plus une idée sur le papier mais un levier concret pour désengorger la capitale et changer le quotidien de millions d’habitants.
Sur le terrain, le ton a changé. Selon les informations rapportées ce lundi 12 janvier 2026 par le quotidien arabophone El Khabar, les autorités algériennes avancent dans la réalisation du monorail d’Alger en coordination avec la société chinoise CRCC, spécialisée dans les grands projets ferroviaires urbains. L’étude préliminaire existe. Elle a été validée. Le contrat exécutif devrait suivre.
Le ministère des Transports considère aujourd’hui le monorail comme une solution centrale face à l’asphyxie routière d’Alger. Trop de voitures. Trop peu d’alternatives rapides. Le métro progresse, le tramway aussi, mais cela ne suffit plus. En clair, le monorail devient une pièce manquante du puzzle.
Monorail d’Alger : deux lignes, 67 km et une capitale reconnectée
Les premières données techniques dessinent un réseau ambitieux. Environ 67 kilomètres, répartis sur deux lignes structurantes.
La première relierait le Palais des expositions à Sidi Abdallah, d’Est en Ouest, en traversant plusieurs communes densément peuplées. La seconde longerait un axe sud stratégique, de Baraki à Bir Touta, via El Harrach, Bir Mourad Raïs et Khelifa Boukhalfa.
Un chantier plus léger que le métro
Autre argument mis en avant : le coût. Moins élevé que celui du métro, le monorail permet une réalisation plus rapide, estimée à trois ans, tout en offrant une capacité de transport élevée. CRCC, qui a présenté le projet dès 2024 lors d’un salon des travaux publics à Alger, mise sur son expérience en Chine et à l’international.
Le principe reste simple : un train électrique léger, circulant sur une voie unique surélevée. Peu d’emprise au sol. Moins de contraintes techniques. Et une intégration possible avec les réseaux existants.
Mobilité, environnement et qualité de vie
Derrière l’infrastructure, il y a un enjeu plus large. Réduire le nombre de voitures. Fluidifier les déplacements vers les pôles économiques, universitaires et administratifs. Diminuer la pollution et le stress urbain.
Des spécialistes du transport estiment que le monorail d’Alger peut réellement améliorer la qualité de vie, à condition de desservir les bons axes. Certains évoquent déjà des stations équipées de parkings relais, notamment à Bir Touta ou Bab Ezzouar, pour permettre aux automobilistes de laisser leur véhicule en périphérie.
Un projet inscrit dans la vision d’Alger 2035
Le monorail s’inscrit dans une dynamique plus large : le plan jaune du transport urbain, en lien avec le métro, le tramway et le réseau routier. Objectif affiché : moderniser Alger et renforcer son attractivité économique et touristique à l’horizon 2035.
Si le calendrier se confirme, la capitale pourrait changer de visage. Progressivement. Sans miracle immédiat, mais avec une nouvelle colonne vertébrale de mobilité. Une promesse, cette fois, qui semble tenir debout.
