Partenariat Saidal – BioXpress pour la biotechnologie en Algérie

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Saidal BioXpress

Saidal renforce ses partenariats internationaux pour accélérer le transfert technologique et la production locale de biothérapies © Saidal - Algérie Zoom

Le groupe public Saidal franchit un nouveau cap en signant un protocole d’accord avec le groupe suisse BioXpress Therapeutics. L’industriel algérien affiche une ambition claire : faire de la biotechnologie un levier stratégique pour la souveraineté sanitaire, la formation de compétences locales et, à terme, l’exportation.

La cérémonie de signature de ce partenariat avec BioXpress Therapeutics s’est tenue dimanche au siège de la direction générale de Saidal. Selon le communiqué officiel, l’accord établit « un cadre de coopération stratégique » axé en priorité sur la formation, le développement des compétences et le transfert technologique dans le domaine de la biotechnologie.

Dans les faits, il s’agit de préparer le terrain. Former des équipes, structurer des process, intégrer des technologies avancées. L’objectif ne se limite pas à un partenariat académique. Saidal et Bioexpress veulent créer les conditions d’une production locale de produits biotechnologiques, jusque-là largement importés.

Saidal – BioXpress : biotechnologie, un enjeu de souveraineté sanitaire

À travers cet accord avec BioXpress Therapeutics, Saidal réaffirme une ligne déjà assumée ces dernières années : réduire la dépendance extérieure. Le communiqué évoque clairement la souveraineté sanitaire, un terme désormais central dans la stratégie du secteur pharmaceutique algérien.

La biotechnologie touche des segments sensibles : thérapies biologiques, traitements complexes, médicaments à forte valeur ajoutée. Produire localement, même partiellement, change l’équation. Moins de vulnérabilité face aux marchés mondiaux. Plus de réactivité en cas de crise. Une leçon tirée, entre autres, de la période Covid.

Importations : une facture encore lourde

Quelques jours avant l’annonce du partenariat entre Saidal et le groupe suisse BioXpress Therapeutics, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a rappelé l’ampleur du défi. Face aux membres du Conseil de la nation, il a révélé que la facture d’importation des matières premières pharmaceutiques avoisine 3 milliards de dollars par an.

Un chiffre qui pèse. Et qui explique l’accélération actuelle. Selon le ministre, les projets déjà engagés par Saidal permettront une économie estimée à 1,8 milliard de dollars, soit près de 60 % de réduction à terme.

Ces nouvelles unités, précise-t-il, ont été pensées « sur-dimensionnées », avec un objectif clair : répondre au marché local, mais aussi s’ouvrir à l’exportation.

Antibiotiques, anticancéreux, paracétamol : le cœur de la stratégie

Sur le plan industriel, les priorités se dessinent. Saidal travaille sur la production locale de matières premières destinées aux antibiotiques, anticancéreux, antidiabétiques, hormones et médicaments cardiovasculaires.

Un projet symbolise cette orientation : le principe actif du paracétamol. Premier à avoir été lancé par Saidal. À lui seul, ce médicament représentait 103 millions de dollars d’importations par an.

La logique reste pragmatique. Sécuriser d’abord les produits de base. Monter progressivement en gamme. Puis exporter.

Disponibilité des médicaments : la pression retombe

Autre indicateur avancé par le ministre : la disponibilité sur le marché. Sur 6 500 médicaments commercialisés, seuls 16 restent en tension actuellement. Une situation liée, selon lui, à la rareté internationale de certains produits.

À la Pharmacie centrale des hôpitaux, les stocks se stabilisent. Les autorités misent désormais sur la régulation, la limitation des importations anarchiques et l’encouragement à la production locale, y compris pour les dispositifs médicaux.

Dans ce contexte, le partenariat Saidal – BioXpress apparaît comme une pièce supplémentaire d’un puzzle plus large. Une industrie pharmaceutique algérienne qui cherche, lentement mais sûrement, à changer d’échelle.

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