Noureddine Djoudi décédé : portrait d’un diplomate chevronné

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Noureddine Djoudi

Décès de Noureddine Djoudi, retour sur un parcours diplomatique qui a marqué l’Algérie moderne - Algérie Zoom

Une page de l’histoire diplomatique algérienne se tourne. Noureddine Djoudi, moudjahid et ancien ambassadeur, est décédé à l’âge de 92 ans, laissant derrière lui un long parcours lié à la Révolution puis à la présence diplomatique de l’Algérie sur le continent africain.

Pendant plusieurs décennies, cet homme discret a circulé entre missions politiques, ambassades et institutions africaines. Ceux qui l’ont côtoyé parlent souvent d’un diplomate de terrain, formé dans l’urgence de la guerre d’indépendance et resté fidèle à cette génération qui a porté la voix de l’Algérie à l’étranger.

Des bancs de l’université à l’engagement révolutionnaire

Né en 1934, Noureddine Djoudi poursuit d’abord des études supérieures à l’étranger. Il obtient une licence en littérature anglaise à l’université de Montpellier, avant de continuer son parcours académique à Londres.

Mais très vite, la politique rattrape l’étudiant. À l’époque, la guerre d’indépendance mobilise de nombreux militants à travers l’Europe. Djoudi rejoint alors les structures liées au Front de libération nationale et s’implique dans les activités diplomatiques destinées à faire connaître la cause algérienne.

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Il finit par intégrer les rangs de l’Armée de libération nationale dans la base de l’Ouest, au Maroc. Là, il travaille notamment comme traducteur et participe aux échanges entre militants de plusieurs mouvements africains engagés dans la lutte anticoloniale.

Au cours de cette période, il prend part à une rencontre entre le FLN et le Congrès national africain. Il contribue également à former Nelson Mandela au maniement des armes, épisode souvent évoqué lorsqu’il est question des liens historiques entre la Révolution algérienne et les combats de libération en Afrique australe.

Noureddine Djoudi : une carrière diplomatique tournée vers l’Afrique

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, Noureddine Djoudi poursuit son engagement sur un autre terrain : la diplomatie.

Il occupe successivement plusieurs fonctions au sein de représentations algériennes en Afrique. Son parcours le conduit notamment à Nairobi, Lagos, Dar es-Salaam, Luanda ou encore Pretoria, où il participe au développement des relations politiques entre l’Algérie et plusieurs pays du continent.

Durant ces années, il côtoie différentes figures politiques africaines, parmi lesquelles Julius Nyerere, Amílcar Cabral, Modibo Keïta ou encore Kwame Nkrumah. Une période intense, marquée par l’émergence de nouveaux États et par une forte solidarité entre mouvements de libération.

Son expérience diplomatique le mène également au sein des institutions continentales. Il occupe le poste de secrétaire général adjoint de l’Organisation de l’Union africaine, contribuant aux discussions sur les grandes orientations politiques du continent.

Un engagement prolongé dans la mémoire de la Révolution

Même après avoir quitté les fonctions diplomatiques, Noureddine Djoudi reste actif dans les milieux associatifs liés à l’histoire de la guerre de libération.

En 2024, il est élu président de l’Association internationale des amis de la Révolution algérienne, organisation consacrée à la préservation de la mémoire de cette période et aux échanges avec d’anciens soutiens du mouvement indépendantiste.

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Jusqu’à un âge avancé, il continuait de participer à ces initiatives. Une manière, pour lui, de transmettre un pan de l’histoire contemporaine de l’Algérie.

Avec sa disparition, disparaît aussi l’un des derniers témoins d’une génération qui a vu naître la diplomatie algérienne, au croisement de la guerre d’indépendance et des grandes dynamiques politiques africaines du XXᵉ siècle.

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