OIM : Amy Pope précise depuis l’Algérie les migrants prioritaires

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Amy Pope

Amy Pope insiste sur la protection des personnes déplacées et le retour des migrants économiques © OIM - Algérie Zoom

Depuis Alger, la directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a insisté sur la nécessité de distinguer les profils des migrants afin de définir des priorités claires : les personnes fuyant les zones de conflits doivent bénéficier d’une protection immédiate, tandis que les migrants économiques doivent être accompagnés vers une réintégration durable.

La directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a achevé une visite officielle de quatre jours en Algérie. Objectif affiché : renforcer la coopération avec les autorités algériennes dans la gestion des flux migratoires. À l’issue de ses rencontres, elle a salué le rôle de l’Algérie dans la lutte contre la migration irrégulière et s’est dite impressionnée par le niveau d’engagement et la méthode adoptée par le pays.

Les profils de migrants à distinguer

Dans une déclaration accordée à la Chaîne 3 de la Radio nationale, Pope a rappelé que de nombreux migrants originaires d’Afrique de l’Ouest quittent leur pays en quête d’opportunités, souvent poussés par les conflits armés ou les effets du changement climatique. Faute de voies légales, beaucoup se retrouvent piégés par des réseaux criminels. Elle a insisté sur la nécessité de différencier les catégories de migrants :

  • Les personnes fuyant les conflits, comme au Soudan, doivent être prioritaires et bénéficier d’une protection immédiate.
  • Les migrants économiques, venus principalement pour le travail, doivent être accompagnés vers une réintégration durable dans leur pays d’origine, notamment par la formation et le renforcement des capacités.

L’OIM, un acteur central de la gouvernance migratoire

Fondée en 1951 et intégrée au système des Nations unies en 2016, l’OIM est aujourd’hui l’agence de référence en matière de migration. Elle compte plus de 170 États membres et intervient sur des volets variés : assistance humanitaire, création de voies de migration régulières, soutien au retour volontaire et réintégration. Son plan stratégique 2024‑2028 met en avant la protection des plus vulnérables, avec l’idée de trouver des solutions durables plutôt que temporaires.

Les chiffres de 2025 : une baisse visible mais des drames persistants

Entre janvier et mars 2025, Frontex a compté environ 33 600 passages irréguliers aux frontières de l’Union européenne. C’est moins qu’un an plus tôt – près d’un tiers de baisse –, mais la Méditerranée centrale reste un itinéraire dangereux.

Derrière les chiffres, l’OIM rappelle une réalité brutale : plus de 33 000 personnes n’ont pas survécu en mer depuis 2014. Et en 2025, les drames continuent, avec plusieurs centaines de décès déjà recensés. Les statistiques baissent, mais la tragédie demeure.

L’Algérie, carrefour et stabilisateur régional

À Alger, Amy Pope insiste : l’Algérie n’est pas seulement un pays de transit, c’est un acteur de stabilisation. Les arrivées venues du Sahel et d’Afrique de l’Ouest le prouvent chaque jour. Le partenariat avec l’OIM s’articule autour de trois axes concrets :

  • Retour volontaire des migrants vers leur pays d’origine, avec un accompagnement digne.
  • Formation et réinsertion, pour donner une chance réelle à ceux qui repartent.
  • Sécurité aux frontières, afin de couper l’herbe sous le pied des réseaux criminels.

Pour Pope, la priorité est claire : protéger en premier lieu les personnes fuyant les conflits, puis accompagner les migrants économiques vers un retour et une réintégration durable. L’Algérie, par son engagement et sa coopération avec l’OIM, apparaît comme un pivot régional, pris entre Sahel et Méditerranée, mais déterminé à gérer la migration avec méthode et humanité.

Depuis Alger, Amy Pope a livré un message clair : la migration ne peut être abordée de manière uniforme. Les réfugiés doivent bénéficier de protection en priorité, tandis que les migrants économiques doivent bénéficier de dispositifs de retour et de réintégration. L’Algérie, par son engagement et sa coopération avec l’OIM, apparaît comme un acteur central dans cette approche différenciée.

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