Paiement électronique : l’Algérie va fabriquer des TPE moins chers
La généralisation du paiement électronique en Algérie tente toujours d’avancer. Mercredi à Alger, une annonce a retenu l’attention. Une production en Algérie de terminaux de paiement électronique (TPE) est désormais sur les rails.
À l’origine de ce projet de fabrication de TPE en Algérie, un partenariat entre la start-up algérienne Smart Solution and Innovation (SSI) et Arab Financial Services (AFS), société bahreïnienne spécialisée dans les solutions de paiement digital, rapporte la Radio algérienne. L’accord a été officialisé lors d’une conférence de presse organisée par Bank ABC Algérie, au Palais de la Culture Moufdi Zakaria.
E-paiement en Algérie : des TPE « made in Algeria »
Le cœur du partenariat est clair : fabriquer des TPE en Algérie, avec une capacité annoncée de 100.000 unités par an. Un volume non négligeable dans un marché encore sous-équipé. L’objectif est double. Réduire les coûts d’importation, d’abord. Rendre ces équipements plus accessibles, surtout, aux petits commerçants.
Ces terminaux s’inscrivent dans le déploiement de solutions MPOS (Mobile Point of Sale), des dispositifs plus légers, connectés à un smartphone, mieux adaptés aux réalités locales. Sur les marchés, dans les taxis, chez les artisans… le paiement électronique reste rare, car réputé cher.
Un taux d’équipement encore très faible
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, à peine 5 % des commerçants en Algérie, soit environ 1,6 million, utilisent des TPE. Les cartes bancaires et la carte Edahabia restent largement cantonnées aux grandes surfaces et aux administrations. Malgré les lois de finances successives imposant l’usage des TPE, malgré les exonérations fiscales et les campagnes de sensibilisation, le décollage tarde.
Sur le terrain, beaucoup pointent le même frein : le prix. Difficile d’imposer le paiement électronique quand l’outil de base reste hors de portée.
Un écosystème qui cherche son rythme
C’est là que ce partenariat veut faire la différence. AFS, présente dans plus de 20 pays au Moyen-Orient et en Afrique, apporte son savoir-faire technologique. L’entreprise, détenue par 37 institutions financières avec un contrôle majoritaire du groupe Bank ABC, travaille déjà avec plus de 60 banques.
SSI, de son côté, mise sur son ancrage local. On parle de paiement mobile interbancaire, d’application MPay et de solutions conformes aux standards internationaux, etc. La start-up algérienne entend jouer un rôle central dans la digitalisation des transactions.
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Quant à Bank ABC Algérie, elle se positionne en facilitateur et c’est un rôle discret, mais stratégique. Notamment, lorsqu’il s’agit de coordination avec les autorités publiques.
Reste à voir comment ces TPE locaux trouveront leur place, sur les comptoirs et dans les poches. Sur le terrain, les commerçants attendent des solutions simples, abordables.
