Qui est Daniel Amar Siad, natif d’Algérie, cité dans l’affaire Epstein

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Daniel Amar Siad

Daniel Amar Siad cité dans l’affaire Epstein, un nom désormais au centre des révélations - Algérie Zoom

Longtemps resté en marge des récits médiatiques, son nom surgit aujourd’hui dans les archives judiciaires. Daniel Amar Siad. Plus de 2 000 occurrences dans les dossiers liés à Jeffrey Epstein. Et désormais, une plainte déposée au parquet de Paris. L’affaire relance une question qui dérange : qui était vraiment cet homme devenu un rouage discret mais central du système mis en place par le financier américain ?

Un intermédiaire au profil trouble

Daniel Amar Siad naît en Algérie avant de s’installer en Suède dans les années 1980, où il est ensuite naturalisé. Sur le papier, le parcours reste flou. Peu de traces officielles, beaucoup de zones grises. Lui se présente comme un « chasseur de têtes », actif entre l’Europe et les États-Unis. En coulisses, les documents judiciaires dressent un portrait bien plus inquiétant.

Selon une enquête de France Télévisions, Siad agit pendant des années comme un intermédiaire privilégié de Jeffrey Epstein. Les échanges révélés montrent un contact quasi permanent, notamment entre 2009 et 2019, jusqu’à deux jours avant l’arrestation du financier. Messages, SMS, courriels : la mécanique apparaît rodée. Repérage de jeunes femmes, transmission de profils, organisation logistique. Et, en bout de chaîne, Epstein.

Dans ces messages, Daniel Amar Siad utilise une métaphore troublante, assimilant son activité à une partie de pêche. Parfois, écrit-il, « les prises sont bonnes ». Une comparaison qui illustre la nature inquiétante du système.

Une plainte relance l’enquête en France

Le 30 janvier, la publication de près de trois millions de documents liés à l’affaire Epstein agit comme un électrochoc. Parmi eux, des images et échanges partiellement anonymisés. Trop peu, selon certaines victimes. L’une d’elles, une ancienne mannequin suédoise aujourd’hui âgée de 56 ans, affirme s’être reconnue. Et surtout, avoir identifié son agresseur présumé.

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Elle dépose plainte au parquet de Paris pour agression sexuelle présumée et exploitation dénoncée. Les faits remonteraient aux années 1990, lors d’un prétendu casting sur la Côte d’Azur. À l’époque, elle avait 20 ans. Elle affirme ne pas connaître le véritable nom de l’homme qui l’aurait approchée. Ce n’est que récemment, grâce à un travail journalistique, qu’elle identifie Daniel Siad sur des clichés issus des dossiers Epstein.

Selon son témoignage relayé par plusieurs médias, il l’aurait approchée à Stockholm pour lui proposer un travail de mannequin en France. L’agression présumée aurait eu lieu à Cannes. Elle évoque aussi des menaces. Les faits sont prescrits, mais la plainte vise à faire reconnaître un système et un rôle.

Daniel Amar Siad, maillon clé d’un réseau international ?

Les documents judiciaires décrivent un homme très mobile. Paris, Ibiza, Marrakech, Hong Kong, Le Cap, La Havane. Et une présence particulièrement marquée en Scandinavie. Daniel Amar Siad planifie ses déplacements avec méthode, ciblant de jeunes femmes, parfois dans des villages d’Europe centrale, selon ses propres mots.

Un courriel d’octobre 2009, cité dans les enquêtes, précise les conditions financières de sa collaboration avec Jean‑Luc Brunel, autre figure centrale du réseau Epstein en France. Siad y est rémunéré pour du « repérage », avec une commission supplémentaire pour chaque mannequin présentée. Il répond simplement : « Je ne vous décevrai pas. »

Comme Brunel, retrouvé mort en prison en 2022, Siad évolue à la lisière du légal et de l’invisible. Les enquêteurs français se sont intéressés à son profil dès 2019, sans qu’il ne soit convoqué à ce stade. Au moins quatre Françaises auraient été recrutées par son intermédiaire, selon France Télévisions.

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Aujourd’hui, la plainte déposée à Paris pourrait changer la donne. Pas forcément sur le plan pénal, mais sur celui de la vérité judiciaire. Et de la mémoire. L’affaire Epstein, loin d’être refermée, continue de dévoiler ses ramifications. Lentement. Mais sûrement.

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