Schengen : expulsions et surveillance durcies dès 2026
L’Union européenne prévoit une politique migratoire plus stricte en 2026, avec expulsions et surveillance renforcées © Unsplash - Algérie Zoom
Un document confidentiel de la Commission européenne, récemment divulgué, lève le voile sur un tournant sécuritaire assumé. À partir de 2026, l’espace Schengen s’apprête à renforcer drastiquement les expulsions et les contrôles aux frontières. Une orientation qui concerne directement plusieurs nationalités, dont les Algériens.
Révélé par l’ONG Statewatch et relayé par le média spécialisé Visa HQ, le rapport « Schengen Barometer+ » dessine les grandes lignes de la politique migratoire européenne pour 2026. Le document, présenté en octobre dernier aux ministres de l’Intérieur de l’espace Schengen, parle sans détour. Objectif affiché : réduire les flux irréguliers, accélérer les retours forcés et renforcer la surveillance aux frontières extérieures.
Les expulsions figurent au cœur de cette feuille de route. Le texte encourage les États membres à intégrer la planification des éloignements dans leurs stratégies nationales, y compris en période de crise. Un changement de ton. Plus ferme. Plus assumé.
Schengen : expulsions intensifiées et frontières sous haute surveillance
Le rapport cite explicitement la Pologne et la Finlande comme modèles. Ces deux pays ont massivement investi dans la surveillance fixe le long de leurs frontières orientales. Tours biométriques, drones, capteurs, barrières techniques… La Pologne concentre l’attention. Bruxelles présente ses dispositifs comme une réponse efficace face aux pressions migratoires venues notamment de Biélorussie et de Russie.
Mais sur le terrain, les chiffres inquiètent. Malgré ces équipements, les passages irréguliers depuis la Biélorussie ont de nouveau progressé fin 2025. En clair, la Commission pousse à aller plus loin, plus vite, plus fort.
Contrôles renforcés et biométrie généralisée
Autre pilier du plan : le durcissement des contrôles d’entrée. Le document prévoit un déploiement accru de Frontex, un accès accéléré aux bases de données européennes et une généralisation des vérifications biométriques. Une législation spécifique pourrait voir le jour avant la fin de l’année.
Dans plusieurs pays, la mise en œuvre a déjà commencé. En Pologne, les aéroports modernisent leurs portiques électroniques pour se conformer au Système Entrée/Sortie 2026. Aux frontières terrestres, les autorités s’attendent à des temps d’attente plus longs et à des contrôles plus poussés.
Schengen : les Algériens directement concernés par les expulsions
Ce durcissement ne relève pas de la théorie. Les Algériens figurent déjà parmi les nationalités les plus touchées par les expulsions des pays membres de l’espace Schengen. Selon les données Eurostat, ils arrivaient en tête des expulsions au troisième trimestre 2025. Près de 42 000 ressortissants non-européens ont été renvoyés durant cette période, avec une part importante de citoyens algériens.
Avec la politique migratoire ultra-restrictive annoncée pour 2026, les retours forcés vers l’Algérie devraient s’intensifier. Les conditions d’entrée dans l’espace Schengen, elles aussi, deviendront plus exigeantes, tant pour les courts séjours que pour les passages aux frontières.
Inquiétudes du côté des ONG
Face à cette montée en puissance sécuritaire, les ONG tirent la sonnette d’alarme. Elles estiment que ce cadre pourrait légitimer les refoulements, fragiliser le droit d’asile et banaliser des pratiques déjà contestées. Le débat reste ouvert. Une chose est sûre : 2026 marquera un tournant dans la gestion migratoire européenne.
