Face aux tensions, Tebboune fixe ses lignes rouges avec la France, le Maroc et le Mali
Le Président Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé sans filtre, dans un entretien exclusif au journal français L’Opinion, sur les relations internationales de l’Algérie, notamment ses désaccords avec la France, le Maroc et le Mali.
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a posé les points sur les i concernant la politique extérieure de l’Algérie à l’égard de la France, pays avec lequel une crise diplomatique est en cours, mais également le Maroc et le Mali.
Par rapport à la France, selon l’homme à la tête de l’Algérie, Tebboune en l’occurrence, la balle se trouve désormais dans le camp de l’Élysée, si celui-ci voudrait bien éviter une rupture irréversible.
Le climat avec la France est devenu toxique, selon le chef de l’État qui estime qu’on perd du temps avec Macron.
Au sujet de l’affaire Doualemn, Tebboune juge que le ministre de l’Intérieur français, Bruno Retailleau, a tenté de porter un coup politique à l’Algérie en essayant d’expulser cet influenceur algérien.
Le président de la République déplore que la France pourchasse des influenceurs algériens sur les réseaux sociaux, tout en accordant la nationalité française et le droit d’asile à ceux qu’il décrit comme des criminels et des saboteurs.
Tebboune a qualifié les allégations de certains hommes politiques français selon lesquelles l’Algérie est isolée de farce.
La mémoire commune aux deux pays est un autre sujet incontournable lorsqu’on parle de l’Algérie et de la France.
Abdelmadjid Tebboune assure alors que les séquelles mémorielles doivent être traitées sérieusement, et l’Algérie n’acceptera pas qu’elles soient balayées sous le tapis.
Le dirigeant avance également que la dépollution des déchets nucléaires en Algérie constitue pour la France une obligation humaine, morale, politique et militaire.
Il considère par la suite qu’il revient à la France seule de gérer les cas des radicalisés ayant sombré dans l’extrémisme sur son sol.
Maroc
Après la France, Tebboune s’est penché sur les relations de l’Algérie avec le Maroc ainsi que le Mali, le Royaume en premier.
Le chef de l’État réaffirme alors le soutien de l’Algérie au Sahara occidental. Il note que c’est une question de décolonisation à résoudre, peu importe le temps que cela devrait prendre et donne l’exemple algérien, pays occupé pendant 132 ans.
Le Maroc a été le premier à porter atteinte à l’intégrité territoriale algérienne, seulement neuf mois après l’indépendance, faisant 850 martyrs, rappelle Tebboune.
Puis, il clame que jusqu’à présent, l’Algérie s’inscrit dans une logique de réaction et non d’action face au Maroc.
Le Maroc a toujours eu une mentalité expansionniste, selon le président qui illustre son propos en soulignant que le Royaume chérifien n’a reconnu la Mauritanie qu’en 1972.
Le chef de l’État poursuit en relevant que c’est le Maroc qui a imposé le visa aux Algériens en premier en 1994.
Tebboune explique par ailleurs que l’Algérie interdit le survol de son espace aérien aux avions marocains, en raison de leurs manœuvres conjointes avec l’entité sioniste à proximité de l’espace aérien algérien.
Selon lui, il s’agit d’une violation des principes élémentaires du bon voisinage.
Abdelmadjid Tebboune conclut la thématique en lien avec le Maroc, en affirmant qu’il faudra tôt ou tard mettre fin à cette situation, voyant dans le peuple marocain un peuple frère qui mérite mieux.
Après la France et le Maroc, Tebboune s’exprime sur le Mali
Tebboune estime qu’on voyait clairement arriver les coups d’État militaires au Sahel, en raison de la faiblesse des institutions étatiques dans certains pays.
À propos du groupe Wagner repéré dans la région, le président Tebboune a tranché que l’Algérie rejette la présence de mercenaires à ses frontières et en a avisé Moscou.
L’Algérie ne soutient aucun groupe au Mali et réaffirme son engagement en faveur de la paix.
Tebboune assure aussi que l’Algérie n’a aucune intention de placer le Mali sous sa tutelle.
L’Algérie, selon son président, a expliqué aux Maliens que le conflit initial résultait d’une ingérence étrangère.
Abdelmadjid Tebboune a également révélé que l’Algérie avait prévu un plan de développement complet, dont la valeur atteint plusieurs millions de dollars, à déployer au nord du Mali.
L’Algérie et le Mali partagent, signale le chef de l’État algérien, une communauté touarègue transfrontalière et notre pays a toujours appelé à la réconciliation et à l’unité.
C’est ainsi que se conclut enfin l’intervention de Tebboune, au sujet des relations de l’Algérie avec la France, le Maroc et le Mali.
