Yasmina Khadra, francophone le plus traduit : « Hors de France, je suis mieux accueilli »

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Yasmina Khadra a dénoncé le traitement que lui réserve le milieu littéraire en France, lui, qui est l’écrivain francophone le plus traduit dans le monde.

Nul ne porte actuellement la langue française aussi loin dans les quatre coins de la Terre comme le fait Yasmina Khadra, comptant des traductions de ses romans dans 58 langues différentes.

Mais son statut d’auteur francophone le plus traduit à l’international n’empêche pas les institutions littéraires françaises de lui tourner le dos régulièrement, en faisant de sa disqualification une vilaine habitude.

C’est quand même curieux qu’on balaie d’un revers de la main et pour toujours le nom du romancier écrivant en français et dont les œuvres bénéficient d’une traduction massive à l’échelle planétaire.

Pourtant, ailleurs, en Europe, en Amérique, mais pas que, Yasmina Khadra continue de rafler des prix littéraires prestigieux qui ne font que renforcer et accroître une réputation déjà solidement établie.

De passage à Valence en Espagne pour un événement littéraire auquel on l’a invité, Le Petit Journal a obtenu un entretien de l’auteur. Celui-ci a notamment évoqué l’isolement qu’on lui impose en France.

Pour le prix Pepe Carvalho récemment décroché au festival BCNegra, Yasmina Khadra a déclaré que cela le réconforte de constater l’existence de gens qui ont du respect pour son travail et qui ont une pensée pour lui.

Cela contraste complètement avec la France qui, « depuis 2008, boycotte systématiquement mes livres à travers toutes ses institutions littéraires », a regretté l’auteur qui vient de sortir Cœur d’amande.

L’interviewé confie alors se consoler en se disant que dès qu’il sort de France, l’accueil prend une tout autre tournure.

Les lobbies décident de tout à l’Hexagone, selon l’écrivain

Il donne l’exemple de quelques pays, proches de la France pour certains, géographiquement ou même culturellement et linguistiquement. Le romancier cite ainsi l’Allemagne, le Mexique, le Brésil, l’Espagne, la Belgique… « Dans ces pays, on le reçoit bien », témoigne-t-il en effet.

Pour expliquer cette attitude méprisante des milieux littéraires en France, Yasmina Khadra qui dit dénoncer et non pas se plaindre, souligne qu’il s’agit d’un « système de réseaux, de lobbies, qui décident ce qui est ‘bon’ et ce qui ne l’est pas ».

Faudrait-il faire partie d’un clan pour espérer une quelconque considération ? « Moi, je n’appartiens à aucun réseau, aucun groupe d’influence. Mon seul camp, c’est mon lectorat », clame en tout cas l’écrivain algérien francophone, récalcitrant quant à son indépendance.

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