Marche d’extrême droite à Lyon : l’Algérie ciblée dès le départ
À Lyon, une marche d’extrême droite sous tension où l’Algérie devient la cible © Pexels - Algérie Zoom
La scène se joue très tôt. Samedi, peu après le coup d’envoi de la marche organisée à Lyon, le cortège n’a pas encore parcouru cent mètres que la tension monte déjà. À l’angle de l’avenue Jean-Jaurès et de la rue Pré-Gaudry, en début d’après-midi, un homme interpelle les manifestants. Quelques mots en arabe, lancés calmement. La réponse est immédiate. Des cris hostiles fusent depuis les rangs, visant explicitement son origine supposée.
C’est à ce moment précis, au tout début de la marche, que des propos hostiles visant l’Algérie sont scandés, rapporte L’Humanité. Pas à l’écart. Pas en fin de parcours. Mais là, en pleine rue, sous les yeux des forces de l’ordre.
La situation dégénère rapidement. L’homme est encerclé, menacé. Il évite de peu d’être pris à partie physiquement grâce à l’intervention du service d’ordre de la manifestation, puis de la police. Le cortège est stoppé quelques instants. La marche reprend, mais le ton est donné.
Marche à Lyon : un hommage sous contrôle policier renforcé
Le rassemblement est organisé en hommage à Quentin Deranque, décédé quelques jours plus tôt à la suite d’affrontements avec des militants antifascistes. Dès la matinée, le quartier de la place Jean-Jaurès est placé sous surveillance renforcée.
Sur les quais du métro, à la sortie des stations, dans les rues adjacentes, policiers en tenue renforcée et unités mobiles sont déployés. Les CRS encadrent le parcours, épaulés par les gendarmes mobiles. Le dispositif est visible, constant, assumé.
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Objectif affiché : éviter tout débordement. Dans les faits, si les affrontements sont évités, les tensions verbales, elles, ne disparaissent pas. Elles s’expriment en marge du cortège, parfois étouffées par le service d’ordre, parfois rappelées à l’ordre au nom de la présence de caméras et de journalistes.
Des propos signalés, des images examinées
Selon les chiffres communiqués par la préfecture du Rhône, environ 3 200 personnes participent à la marche lyonnaise. À l’échelle nationale, près de 3 700 manifestants sont recensés dans différentes villes.
Officiellement, aucun affrontement majeur n’est signalé pendant le défilé. Mais les autorités confirment avoir relevé, après coup, des comportements problématiques. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent notamment des comportements interdits par la loi, effectués par un participant. L’individu concerné a été signalé à la justice.
La préfecture indique également que des propos discriminatoires ont été repérés sur certaines séquences filmées. Conformément aux instructions du ministère de l’Intérieur, l’ensemble des faits identifiés fait l’objet d’un signalement au procureur de la République.
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Sur le terrain, en fin de journée, le cortège se disperse sans heurts. Une interpellation est confirmée. Le calme revient alors vite à Lyon après la marche.
