Crise énergétique : l’Algérie, alternative fiable au Qatar
Dans la crise énergétique, l’Algérie s’impose comme alternative crédible au Qatar pour ses partenaires européens - Algérie Zoom
La secousse est partie du Golfe, mais ses répliques se font sentir bien au-delà. Marchés nerveux, cargaisons déroutées, prix qui s’emballent. Et au milieu de cette crise énergétique marquée notamment par le coup d’arrêt du Qatar, une constante revient dans les discussions des opérateurs européens : l’Algérie.
Car malgré la tension sur l’offre mondiale, Alger n’a pas dévié de sa ligne. Les quotas sont respectés. Les engagements aussi. Une posture qui tranche avec l’urgence ambiante.
Une production sous contrôle, des règles assumées
L’Algérie reste alignée sur les engagements pris au sein de l’alliance OPEP+. Pas de hausse opportuniste, pas de coup de menton. Même si la demande progresse et que certains partenaires aimeraient voir plus de barils arriver rapidement sur le marché.
Pour l’expert en énergie Baghdad Mendouche, interrogé par le quotidien Echorouk, cette discipline n’a rien d’anecdotique. Elle confère à l’Algérie une crédibilité rare dans un contexte où les équilibres sont fragiles. En clair, un partenaire qui tient parole, même quand les prix donnent envie de lâcher la bride.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz retirerait jusqu’à 20 millions de barils par jour d’un marché mondial qui en consomme environ 100 millions. Le choc serait immédiat. Le Brent, déjà en hausse rapide, pourrait dépasser les 120 dollars, voire flirter avec les 150 si la situation s’enlise.
Dans ce scénario, le pétrole algérien conserve un avantage structurel : il ne dépend pas de ce point de passage stratégique.
Sahara Blend : un brut recherché, une prime constante
Sur les marchés, la qualité compte. Et le Sahara Blend continue de tirer son épingle du jeu. Léger, peu soufré, facile à raffiner. Résultat : une prime régulière, comprise entre 2 et 6 dollars au-dessus du Brent selon la conjoncture.
Ces derniers jours, cette prime rapproche le baril algérien des 90 dollars. Une dynamique alimentée aussi par les perturbations touchant certains producteurs majeurs du Golfe, dont les flux ont été partiellement ralentis. Les capacités alternatives existent, mais restent limitées. Le pipeline saoudien Est-Ouest, par exemple, ne peut compenser qu’une fraction des volumes auparavant transitant par Ormuz.
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Difficile de ne pas y voir un signal fort : la sécurité logistique devient presque aussi déterminante que le niveau des réserves.
Gaz naturel : l’Algérie en première ligne
C’est toutefois sur le gaz que l’équation se complique le plus. La suspension des exportations du Qatar, qui expédie habituellement plus de 80 millions de tonnes de GNL par an, a provoqué un choc immédiat sur les prix. En quelques semaines, le mégawatt-heure est passé de moins de 30 dollars à plus de 40. Et les projections montent bien plus haut si la crise dure.
À l’aune de cette crise énergétique que l’absence du Qatar renforce, l’Algérie met les bouchées doubles. Ainsi, Sonatrach a enclenché un mode accéléré. Objectif : exploiter pleinement ses capacités de liquéfaction et répondre, dans la mesure du possible, aux besoins urgents de ses partenaires.
Avec près de 25 millions de tonnes de capacité annuelle réparties entre Arzew et Skikda, l’Algérie figure parmi les poids lourds africains du GNL. Les volumes restent inférieurs à ceux du Qatar, mais l’avantage est ailleurs : fiabilité des livraisons, proximité géographique, infrastructures déjà connectées à l’Europe.
Les chiffres de 2025 rappellent pourtant une réalité plus contrastée. Les exportations algériennes de GNL avaient reculé à 9,54 millions de tonnes, loin du pic atteint deux ans plus tôt. Mais malgré ce creux, les partenaires européens sont restés au rendez-vous. Turquie, France, Italie, Espagne : les flux ont continué.
Des partenaires européens attentifs… et pragmatiques
Aujourd’hui, les discussions s’intensifient. L’Italie peut encore recevoir plusieurs milliards de mètres cubes supplémentaires via le Transmed. L’Espagne et le Portugal disposent de marges par Medgaz. Mais un point est clair, insiste Mendouce : tout volume additionnel sera négocié aux prix du marché actuel, pas sur la base des anciens contrats à long terme.
C’est là que l’Algérie se distingue. Pas de promesse irréaliste, pas de discours excessif. Une offre cadrée, assumée, adossée à des capacités réelles. Suffisant pour apparaître, aux yeux de nombreux acheteurs, comme une alternative crédible au Qatar dans une période de forte incertitude.
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Sur le terrain, les opérateurs le savent. Et les marchés aussi. La crise a remis en lumière une évidence parfois oubliée : dans l’énergie, la confiance se construit sur la durée. Et elle ne s’improvise pas.
