L’Algérie mobilise 8 milliards de dollars pour sa sécurité hydrique

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Sécurité hydrique

Algérie : 8 milliards $ investis dans le dessalement pour garantir la sécurité hydrique nationale © Unsplash - Algérie Zoom

La question de l’eau revient au premier plan en Algérie. Sécheresses répétées, pression démographique, besoins agricoles en hausse… tout s’additionne. Face à ce contexte, les autorités ont engagé un vaste programme d’investissements pour garantir la sécurité hydrique du pays.

Au total, près de 8 milliards de dollars ont été mobilisés pour renforcer la production d’eau, en particulier grâce au dessalement de l’eau de mer. Un choix stratégique assumé depuis plusieurs années et désormais au cœur de la politique hydrique nationale.

Dimanche matin, lors d’une intervention sur la Radio nationale, le directeur général adjoint de la Société algérienne de dessalement des eaux (filiale du groupe Sonatrach), Mouloud Hachlaf, a détaillé l’ampleur de ces investissements. Les premiers programmes ont déjà permis de lancer plusieurs infrastructures majeures, tandis que de nouveaux projets sont en préparation.

Sur le terrain, les effets commencent à se faire sentir. Dans plusieurs régions, les volumes d’eau disponibles ont nettement progressé ces derniers mois.

Un investissement massif pour sécuriser l’eau

Le programme de développement du dessalement repose d’abord sur des moyens financiers conséquents. Les premières étapes ont été lancées dans le cadre d’un programme complémentaire dont le coût avoisine 2,4 milliards de dollars.

À cela s’ajoute une nouvelle phase d’investissements dépassant un milliard de dollars, destinée à poursuivre l’expansion des installations existantes et à préparer de nouveaux projets.

Mais si l’on prend en compte l’ensemble des infrastructures engagées — stations, réseaux de transfert et équipements industriels — l’enveloppe globale atteint environ 8 milliards de dollars.

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L’approche retenue ne se limite pas à la construction de stations. Les responsables du secteur en Algérie évoquent une stratégie plus large en matière de sécurité hydrique, organisée autour de trois orientations.

D’abord, la réalisation des projets s’appuie largement sur des entreprises nationales, souvent accompagnées d’un réseau de sous-traitance locale. Ensuite, l’exploitation des installations bénéficie du recours à des technologies avancées et, lorsque nécessaire, à l’expertise étrangère.

Enfin, un troisième objectif se dessine en filigrane : développer une base industrielle algérienne dans le domaine du dessalement. L’idée consiste à localiser progressivement la fabrication d’équipements stratégiques, aujourd’hui dominés par quelques grands acteurs internationaux.

Cinq stations déjà opérationnelles

Une étape importante a été franchie en février 2025. Cette période a vu l’entrée en service de cinq grandes stations de dessalement, inaugurées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Ces installations produisent ensemble près de 1,5 million de mètres cubes d’eau par jour. Un volume considérable qui a modifié l’équilibre de l’approvisionnement national.

La part du dessalement dans l’alimentation en eau potable est ainsi passée de 18 % à environ 42 %.

En pratique, cela signifie que la production quotidienne d’eau destinée à la distribution est passée d’environ 2,2 millions de mètres cubes à près de 3,7 millions aujourd’hui.

Une grande partie de ces volumes — plus de 300 millions de mètres cubes — a été dirigée vers l’Algérienne des eaux pour alimenter les réseaux urbains.

Durant l’été dernier, marqué par des températures élevées et une sécheresse persistante, ces installations ont joué un rôle décisif. Dans certaines villes, elles ont contribué à stabiliser la distribution, alors que les ressources naturelles restaient sous pression.

Sécurité hydrique : de nouvelles stations et des solutions pour le Sud

Les autorités comptent désormais aller plus loin. Un deuxième programme complémentaire prévoit la construction de six nouvelles stations de dessalement dans différentes régions du pays.

La première phase concerne trois projets situés à Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Ces choix ne doivent rien au hasard. L’ouest du pays connaît depuis plusieurs années une baisse marquée des précipitations, estimée entre 65 et 70 % selon les responsables du secteur.

Chaque installation devrait produire 300 000 mètres cubes d’eau par jour, soit une capacité totale de 900 000 m³ pour cette première étape.

Une particularité attire l’attention : l’eau produite ne restera pas uniquement sur le littoral. Les infrastructures prévues permettront d’acheminer les volumes vers des villes situées jusqu’à 250 kilomètres à l’intérieur des terres.

Autre chantier, moins visible mais tout aussi important : les solutions destinées au Sud du pays.

Dans certaines wilayas, les nappes souterraines présentent une forte salinité. Pour répondre à cette situation, les autorités misent sur des unités mobiles de dessalement installées dans des conteneurs transportables.

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Ces équipements peuvent produire entre 2 500 et 3 000 m³ par jour, avec des capacités plus élevées dans certains projets pouvant atteindre 50 000 m³ quotidiens. Leur fonctionnement repose en partie sur l’utilisation d’énergies renouvelables.

Plusieurs wilayas sont concernées, notamment El M’ghair, El Oued, Biskra et Ouargla.

Au fil des chantiers, une transformation progressive du paysage hydrique algérien se dessine. Et sur de nombreux sites, les travaux avancent déjà — études techniques, terrassements, préparation des installations.

L’objectif est clair : assurer la sécurité hydrique en anticipant la demande future dans un pays comme l’Algérie où la population augmente d’environ un million d’habitants chaque année, tout en garantissant un accès stable à l’eau potable pour les différentes régions.

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