Algérie : décès d’Ahmed Taleb Ibrahimi à l’âge de 93 ans
C’est une nouvelle qui a ému le pays : l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahimi est décédé. L’information ne manquerait certainement pas de susciter une vague d’émotion dans les milieux politiques, intellectuels et dans la société civile algérienne.
Ahmed Taleb Ibrahimi était plus qu’un simple homme politique : médecin de formation, intellectuel engagé, il avait marqué l’histoire du pays par sa défense ardue de ses convictions et ses combats pour une Algérie à la fois moderne et attachée à son héritage.
Un parcours exceptionnel
Né le 5 janvier 1932 à Sétif, Ahmed Taleb était le fils du vénéré érudit islamique Bachir Ibrahimi. Très tôt, il s’est engagé dans le militantisme nationaliste. Étudiant en médecine à Paris, il a combiné ses études avec son engagement politique. Arrêté en 1957 pour ses activités au sein de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA), il restera emprisonné pendant près de cinq ans en France.
Libéré à l’approche de l’indépendance, il retourna en Algérie en 1961. Il reprit son métier de médecin tout en s’impliquant dans la reconstruction nationale. Il accepta plusieurs fonctions au sein des gouvernements successifs, notamment celles de ministre de l’Éducation nationale, de l’Information et de la Culture, puis de conseiller du président, et finalement de ministre des Affaires étrangères entre 1982 et 1988.
L’engagement d’Ahmed Taleb Ibrahimi ne se limitait pas à la politique active. Il a su garder le statut d’intellectuel : il a rédigé des ouvrages, notamment ses Mémoires d’un Algérien (deux tomes couvrant les périodes 1932-1965 et 1965-1978), dans lesquels il partage témoignages, analyses et visions pour l’Algérie.
Une figure contestée, mais respectée
L’histoire d’Ibrahimi n’a pas été exempte de polémiques. En 1999, il se présenta à l’élection présidentielle, avant de se retirer à la dernière minute en dénonçant des fraudes présumées. En 2004, sa candidature fut rejetée, officiellement en raison de liens supposés avec le Front islamique du salut (FIS), ce qu’il contesta.
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Malgré les critiques, beaucoup reconnaissaient en lui une voix mesurée, guidée par des principes, éloignée du sectarisme. Il incarnait une façon de mêler foi, raison et service public.
Ahmed Taleb Ibrahimi disparu : héritage et interrogations
Avec l’annonce de son décès, l’Algérie se retrouve face à la disparition d’une voix de l’histoire contemporaine. Quel avenir pour ses idées, pour cette Algérie qu’il voulait à la fois ancrée dans ses racines et ouverte sur le monde ?
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Pour rappel, une rencontre avait eu lieu à Tunis pour lui rendre hommage, le 22 février dernier, en témoignage de respect et de considération transfrontalière.
