Algérie-France : Patrick Martin conduit le Medef en mission économique à Alger

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Mission du Medef à Alger : relancer les relations économiques entre Algérie et France malgré les crispations © Medef (site officiel) - Algérie Zoom

Le déplacement n’a rien d’anodin. À partir de jeudi, le président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Patrick Martin, arrive à Alger pour une visite de deux jours qui pourrait marquer un tournant dans les relations économiques entre l’Algérie et la France.

Après des mois de crispations diplomatiques, le patron du Medef vient avec une idée simple, presque pragmatique : remettre les entreprises au centre du dialogue. Et, si possible, rouvrir des portes restées entrouvertes.

Medef en mission pour relancer les relations Algérie-France : fin du climat glacial ?

Sur les ondes de Radio Classique, Patrick Martin l’a reconnu sans détour : un froid s’est installé. Pas besoin d’en dire beaucoup plus. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Depuis 2024, les relations bilatérales ont traversé une zone de turbulence, sur fond de désaccords politiques et de dossiers sensibles. Résultat immédiat côté économique : une perte d’influence progressive des entreprises françaises en Algérie. Leur part dans les investissements directs étrangers a reculé, pendant que d’autres acteurs, italiens ou turcs, avançaient leurs pions, parfois rapidement.

La mission du Medef, dans le cadre des relations France-Algérie, s’inscrit alors dans cette séquence un peu flottante. Une tentative de reprise de contact et de réajustement.

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Le message est clair : les échanges économiques ne peuvent pas rester suspendus aux aléas politiques. D’autant que les deux pays restent fortement liés, par la géographie, mais aussi par des intérêts industriels et énergétiques bien installés.

France-Algérie : le Medef met les secteurs stratégiques au centre des discussions

Sur place, les échanges doivent s’organiser autour de forums bilatéraux. Les thèmes choisis en disent long, avec la présence du Medef en fil conducteur.

Sécurité alimentaire, transition énergétique, avec des projets autour du solaire ou de l’hydrogène vert, santé, numérique, BTP… L’Algérie affiche ses priorités. Et elles sont nombreuses.

Face à cela, les entreprises françaises cherchent surtout à rassurer sur leur engagement dans la durée. Pas évident. Les procédures administratives, jugées plus longues ces dernières années, restent un point de friction récurrent dans les milieux d’affaires.

En toile de fond, il y a aussi une réalité plus concrète : selon certaines estimations, les entreprises françaises auraient perdu près de 2 milliards d’euros d’opportunités récentes. Un chiffre qui circule, qui inquiète à l’Hexagone, et qui explique en partie ce retour sur le terrain.

Une relation économique encore solide, malgré les tensions

Malgré les épisodes de crispation, les échanges commerciaux n’ont pas disparu. Loin de là.

En 2024, ils ont atteint 11,1 milliards d’euros, selon les données de la Direction générale du Trésor. Dans le détail, la France exporte davantage de biens transformés, tandis que l’Algérie reste un fournisseur clé en hydrocarbures.

Sur le terrain, plusieurs grandes entreprises françaises sont toujours implantées. TotalEnergies en tête, mais aussi des banques et des groupes industriels.

Ces derniers mois, quelques signaux ont laissé entrevoir un léger apaisement. Des échanges diplomatiques ont repris, des visites officielles ont eu lieu.

Dans les milieux économiques, l’attente est palpable. Certains chefs d’entreprise français le disent : il faut œuvrer à rétablir les connexions économiques malgré les tensions diplomatiques.

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La visite de Patrick Martin s’inscrit exactement dans cette logique. Tester, renouer, voir ce qui est encore possible. Et, peut-être, reconstruire un cadre plus stable, pas parfait, mais fonctionnel.

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