Algérie : Kamel Daoud condamné à 3 ans de prison ferme
Condamnation de Kamel Daoud à Oran relance une affaire sensible mêlant littérature et justice - Algérie Zoom
Le dossier a refait surface brusquement. Hier, le tribunal de Fellaoucene à Oran a prononcé une condamnation par contumace contre l’écrivain Kamel Daoud, écopant de trois ans de prison ferme et d’une amende de cinq millions de dinars, a-t-on appris ce 22 avril 2026 via un post de l’auteur sur le réseau social X. Une décision judiciaire qui relance une affaire sensible, mêlant littérature, mémoire du terrorisme et questions liées au secret professionnel.
Au cœur du litige, une plainte déposée par Saâda Arbane. Elle reproche à l’auteur d’avoir utilisé son histoire personnelle dans son roman Houris. Selon elle, des éléments très précis de son parcours, notamment en tant que victime du terrorisme, auraient été repris à partir de données issues de son dossier médical. Ce document aurait été accessible à l’épouse du romancier lorsqu’elle exerçait au service de neurologie d’Oran.
Une plainte élargie au secret professionnel
L’action en justice ne concernait pas uniquement l’écrivain. La psychiatre, épouse de Kamel Daoud, était également visée pour violation présumée du secret professionnel. La plaignante soutenait que des informations confidentielles relatives à son état de santé auraient fait l’objet d’une exploitation sans son consentement.
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Sur le terrain, l’affaire avait déjà alimenté les discussions. Dans les milieux culturels comme parmi certains lecteurs, la question de la frontière entre inspiration littéraire et respect de la vie privée revenait souvent. Mais cette fois, le débat a quitté les réseaux et les plateaux pour s’installer devant la justice.
Une peine de prison contre Kamel Daoud fondée sur la loi sur la réconciliation nationale
Après l’annonce du jugement, Kamel Daoud a réagi sur sa page personnelle. Il a indiqué que la décision s’appuyait sur l’application de la loi relative à la réconciliation et à la tragédie nationale. Une précision qui souligne la dimension particulière du dossier, puisque celui-ci touche directement aux récits liés à la période du terrorisme en Algérie.
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L’affaire n’est pas nouvelle. Elle avait déjà suscité une forte polémique l’an dernier, lorsque l’écrivain avait obtenu le prix Goncourt en France pour son roman. À ce moment-là, la plaignante avait évoqué des similitudes qu’elle jugeait frappantes avec son vécu d’enfant. Elle affirmait avoir survécu seule après l’extermination de sa famille, un épisode qu’elle estime reconnaissable dans l’ouvrage.
