États‑Unis – Liban : une Algérienne sollicite l’Algérie pour son fils
Une mère algérienne aux USA demande l'aide de l’Algérie pour retrouver le lien avec son fils au Liban © Sara Chelbi (Facebook officiel) - Algérie Zoom
C’est une situation que redoutent de nombreux parents, mais que peu imaginent vivre un jour. Depuis près de deux ans, Sara Chelbi, ressortissante algérienne résidant aux États-Unis, tente de faire valoir ses droits pour retrouver son fils Walid qui se trouve au Liban. L’enfant, aujourd’hui âgé de quatre ans, vit avec son père, en dehors du cadre fixé par la justice américaine. Après avoir épuisé plusieurs recours, la mère s’adresse désormais aux autorités algériennes, dans l’espoir d’une médiation.
L’histoire commence pourtant de manière ordinaire. Installée aux États-Unis, Sara épouse Samer Chammaa. De leur union naît Walid, au Texas. Un enfant binational, américain par naissance, algérien par filiation. En juillet 2023, la famille se rend au Liban pour un séjour présenté comme temporaire. Mais une fois sur place, la situation se dégrade rapidement.
Selon le récit de la mère, le père décide de conserver les documents de voyage de l’enfant et annonce son intention de rester au Liban avec lui. Sara se retrouve alors dans une position délicate, sans solution immédiate. À l’issue de ses autorisations de séjour, elle quitte le pays en août 2023, contrainte de rentrer seule aux États-Unis, laissant son fils derrière elle.
Une décision claire de la justice américaine
De retour au Texas, Sara Chelbi engage une procédure judiciaire. L’affaire est examinée par le tribunal du comté de Collin, qui statue en sa faveur. La garde exclusive de l’enfant lui est attribuée. Cette décision est confirmée par la suite.
Dans un arrêt rendu le 12 janvier 2026, la Cour d’appel du Texas (5ᵉ district) rejette le recours introduit par le père. Les magistrats estiment que ce dernier ne respecte pas les décisions de justice et reconnaissent le caractère sensible de la situation, notamment en raison du déplacement de l’enfant hors du territoire américain. D’un point de vue juridique, le dossier est donc tranché aux États-Unis.
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Toutefois, l’exécution de ces décisions se heurte à une difficulté majeure. Le Liban ne fait pas partie des pays ayant adhéré à la Convention de La Haye relative aux aspects civils du déplacement international d’enfants. En pratique, cela limite fortement les mécanismes de coopération judiciaire entre les deux pays concernés. Les jugements américains n’y produisent pas automatiquement d’effet.
Une situation familiale sans nouvelles depuis des mois
Au fil des mois, les contacts entre la mère et son fils deviennent de plus en plus rares. Depuis août 2024, Sara affirme ne plus avoir aucune nouvelle directe de l’enfant. Les échanges se sont interrompus. Une situation éprouvante, d’autant plus que l’enfant est encore très jeune.
Les informations dont dispose la mère algérienne situeraient son fils Walid dans un quartier de Beyrouth, la capitale du Liban. Elle exprime surtout une inquiétude liée à l’éloignement et à l’absence de communication. « C’est l’incertitude qui est la plus difficile à vivre », confie-t-elle. Sans contact régulier, il devient compliqué de suivre l’évolution de l’enfant, sa scolarité, son environnement quotidien.
Le dossier a attiré l’attention de plusieurs instances américaines. Un élu du Congrès a adressé un courrier officiel aux services diplomatiques concernés, évoquant la situation de l’enfant et la nécessité de préserver son bien-être. Les autorités américaines, y compris les services consulaires, restent mobilisées dans le cadre de leurs compétences.
L’Algérie comme interlocuteur diplomatique
Face à cette impasse, la mère algérienne a décidé de s’adresser à l’Algérie pour récuéprer son fils au Liban. Elle a écrit aux autorités nationales, sollicitant un accompagnement diplomatique. Des échanges ont déjà eu lieu avec le Consulat général d’Algérie à New York, qui a indiqué suivre le dossier et avoir transmis les éléments à l’ambassade d’Algérie à Beyrouth. Elle a même rédigé une lettre à l’adresse du président Tebboune.
À ce stade, aucune avancée concrète n’a été annoncée publiquement. Sara Chelbi insiste toutefois sur l’urgence humaine de la situation. Son objectif reste simple : pouvoir revoir son fils et faire appliquer les décisions de justice existantes, dans le respect des lois et des cadres diplomatiques.
L’Algérie entretient des relations historiques avec le Liban et dispose de canaux diplomatiques établis. Pour Sara, cette voie représente une possibilité supplémentaire, peut-être décisive. Elle affirme ne rechercher aucun privilège, mais une assistance institutionnelle pour résoudre une situation familiale devenue transnationale.
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L’affaire Walid Chammaa illustre les limites actuelles de la coopération internationale en matière familiale, lorsque les cadres juridiques diffèrent d’un pays à l’autre. Elle met aussi en lumière le parcours d’une mère qui, depuis les États-Unis, continue de multiplier les démarches pour préserver le lien avec son enfant. Un dossier suivi avec attention, dans l’attente d’une issue conforme au droit et à l’intérêt de l’enfant.
