Algérie : le parquet d’Oran répond à Kamel Daoud
Le parquet d’Oran précise les poursuites engagées contre Kamel Daoud, rappelant l’initiative des victimes © AFP - Algérie Zoom
Le dossier Kamel Daoud fait l’objet d’un nouveau développement en Algérie, après une prise de parole du procureur d’Oran. Dans une intervention médiatique, le procureur général adjoint près la Cour d’Oran a apporté plusieurs précisions sur le cadre juridique de l’affaire, dans un contexte marqué par différentes interprétations.
L’affaire Kamel Daoud suscite des réactions sur les réseaux après un tweet du premier concerné. Les autorités judiciaires s’expriment alors pour rappeler les éléments de procédure et l’origine des poursuites engagées.
Kamel Daoud : le procureur d’Oran revient sur une procédure initiée par les victimes
Selon le procureur adjoint Rozale Boumediene, interrogé dans l’émission « Hebdo Show Algeria » sur Al24 News, cette affaire judiciaire ne résulte pas d’une initiative du ministère public. Il précise que l’action judiciaire repose sur des plaintes déposées par les victimes elles-mêmes. Autrement dit, ce sont l’association nationale des victimes du terrorisme et la plaignante, Madame Saâda Arbane, qui ont déclenché la procédure.
Le magistrat rappelle alors le mécanisme prévu par la loi. Toute victime peut saisir directement un juge d’instruction. Elle le fait via une plainte avec constitution de partie civile. Ce dispositif oblige le juge à instruire le dossier et à lui donner une suite judiciaire.
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Dans ce cadre, le parquet n’agit pas comme initiateur. Il intervient dans le déroulement normal de la procédure. Cette précision vise à répondre aux accusations évoquant une intervention directe de l’État.
Convocations, instruction et jugement par défaut
Le procureur adjoint d’Oran revient ensuite sur le déroulement du dossier Kamel Daoud. L’instruction s’est étalée sur plus d’une année. Durant cette période, explique l’orateur, le prévenu a été convoqué à plusieurs reprises à son adresse connue à Oran. Le message du parquet est direct : il avait la possibilité de se présenter et de faire valoir ses arguments.
Une fois l’instruction close, l’affaire passe devant le tribunal de Fellaoucen. Le parquet adresse plusieurs citations pour assurer sa présence à l’audience. Là encore, le prévenu ne se présente pas.
Le jugement tombe alors. Une condamnation par défaut, assortie d’une peine de trois ans de prison, d’une amende de 300 000 dinars et d’une indemnisation au profit de l’association plaignante.
Le procureur rappelle toutefois une possibilité juridique. Ce type de décision peut être contesté. Le prévenu conserve le droit de former opposition, ce qui annule le jugement initial et relance la procédure.
L’article 46 au cœur des poursuites
Le dossier s’appuie sur l’article 46 de l’ordonnance 06/01. Ce texte encadre la Charte pour la réconciliation nationale. Il sanctionne toute instrumentalisation de la tragédie nationale.
Dans cette affaire, la justice reproche à Kamel Daoud la divulgation d’informations personnelles. Ces faits concernent madame Saâda Arbane, identifiée comme ancienne patiente de son épouse, psychiatre.
Un second procès doit d’ailleurs examiner ces éléments. Il oppose directement l’écrivain à la plaignante. Les mêmes chefs d’inculpation restent en discussion.
Le dossier mentionne également la publication du livre « Houris ». L’ouvrage, récompensé par le prix Goncourt, s’appuie sur une histoire liée à la victime. La justice s’intéresse à l’usage de ces éléments sans consentement.
Affaire Kamel Daoud : le procureur adjoint d’Oran répond aux critiques médiatiques
Dans son intervention, le procureur adjoint conteste les lectures politiques du dossier. Il rejette l’idée d’un acharnement judiciaire. Il évoque une procédure classique, menée dans le respect des règles.
Cette prise de parole vise à clarifier les faits pour l’opinion publique. Elle replace l’affaire dans son cadre strictement juridique. Sur le terrain, ces précisions arrivent alors que le débat reste vif, notamment autour du rôle des victimes et du déroulement de la procédure.
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L’affaire Kamel Daoud suit un parcours judiciaire encadré par la loi algérienne. Les autorités insistent sur l’initiative des victimes et le respect des procédures. Le dossier reste ouvert, avec des recours encore possibles et un second procès attendu.
