Automobile : JAC révèle son premier véhicule « made in Algérie »
Avec le lancement de la production locale, JAC amorce son retour industriel en Algérie et pose les bases d’une offre utilitaire pensée pour les professionnels et l’export - Algérie Zoom
Après des années de silence et d’attente, la marque chinoise JAC Motors passe enfin à l’action en Algérie. À Aïn Témouchent, l’usine d’Emin Auto vient de lancer l’assemblage de ses premiers véhicules. Un signal fort pour la filière automobile nationale, longtemps à l’arrêt, et un premier aperçu concret des modèles appelés à sortir des chaînes locales.
Sur le site industriel de Tamazoura, les lignes de production des véhicules JAC tournent à l’Ouest de l’Algérie. Lentement, mais pour de bon. Le premier véhicule à inaugurer cette nouvelle phase industrielle porte un nom : JAC 1040S. Un camion utilitaire pensé pour les professionnels, décliné en versions simple cabine et double cabine.
Ce choix n’a rien d’anodin. Le marché algérien reste fortement demandeur de véhicules utilitaires robustes, faciles à entretenir, adaptés aux chantiers, au transport et aux petites entreprises. Avec ce modèle, JAC cible directement ce besoin de terrain en Algérie, concret, immédiat.
Cette mise en production intervient à peine un mois après le retour commercial de la marque, qui a remis sur le marché algérien une gamme élargie de 15 modèles.
JAC Algérie : une usine conçue pour monter en puissance
Le complexe industriel de Tamazoura ne se limite pas à un simple assemblage. Étendu sur 33 hectares, le site dispose déjà de quatre lignes de production, d’une zone de douane intégrée pour l’homologation et d’unités de contrôle qualité.
À court terme, Emin Auto prévoit une montée progressive vers le mode CKD (Complete Knock Down). Des ateliers d’emboutissage, de soudure et de peinture figurent déjà dans le plan de développement. Une unité dédiée aux superstructures pour véhicules spécialisés complétera l’ensemble.
Sur place, une équipe d’ingénieurs chinois accompagne les techniciens algériens. Le transfert de compétences avance, pas à pas. Selon la direction du site, les premiers véhicules ont déjà subi une série de tests rigoureux, adaptés aux conditions locales.
Quels modèles JAC pour le marché algérien ?
Si le JAC 1040S ouvre le bal, il ne restera pas seul longtemps. La stratégie annoncée par Emin Auto repose sur une diversification progressive de la production, avec un accent clair sur les véhicules utilitaires.
La capacité annoncée donne une idée de l’ambition :
- 100 000 unités par an, toutes catégories confondues
- Une cadence cible de 8 000 véhicules par mois
- Un taux d’intégration locale de 10 % dès la première année, avec un objectif de 30 % sous quatre ans
À terme, près de 30 % de la production prendra la route de l’export, principalement vers les marchés africains. L’Algérie entend ainsi devenir un hub régional pour JAC.
Un impact social et économique assumé
Aujourd’hui, l’usine emploie déjà 500 salariés. À terme, le projet vise 1 500 emplois directs et près de 2 000 emplois indirects, notamment à travers la sous-traitance locale. Dans la région d’Aïn Témouchent, l’effet se fait déjà sentir.
Côté distribution, Emin Auto prépare aussi le terrain. Le réseau passera de 27 à 50 agents agréés, afin d’assurer un service après-vente de proximité et une disponibilité rapide des pièces d’origine.
Une stratégie inscrite dans la durée
Pour Nihat Yavuz Sahsuvaroglu, directeur général d’Emin Auto, ce lancement marque l’aboutissement de plus de 26 ans de présence en Algérie. L’objectif affiché reste clair : contribuer à la construction d’une industrie automobile nationale solide, durable, et tournée vers l’export. Cette fois, les chaînes tournent. Et sur le terrain, beaucoup observent. Avec attention.
