Canada : Mordjane Dahes, une Algérienne dans l’aérospatial

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Mordjane Dahes

L'étudiante émigrée au Canada représente l’intégration des talents algériens dans l’aérospatial montréalais © Mordjane Dahes (Facebook officiel) - Algérie Zoom

À Montréal, l’aérospatial attire des talents venus d’ailleurs. Parmi eux, Mordjane Dahes, une étudiante algérienne qui trace sa route, sans bruit mais avec constance.

À Montréal, quand on parle d’aéronautique, le sujet revient vite sur la table. Les usines, les écoles, les stages, les avions qui décollent presque au-dessus des quartiers. C’est dans ce décor que Mordjane Dahes avance, pas à pas. Algérienne d’origine, 24 ans, étudiante en génie aérospatial à l’École de technologie supérieure (ETS), elle fait partie de la première cohorte d’un programme lancé récemment. Un détail. Mais pas anodin.

Du rêve de pilotage à l’ingénierie

Son parcours commence bien avant les salles de classe montréalaises. Petite, elle rêvait de piloter. Le cockpit, le ciel, le bruit des moteurs. Puis il y a eu l’arrivée au Canada. Et cette résidence permanente obtenue, vécue comme un déclic. Sans détour, elle s’inscrit en Techniques de génie aérospatial à l’École nationale d’aérotechnique (ENA).

Mordjane Dahes
Crédit photo : Mordjane Dahes (Facebook officiel)

Montréal, capitale mondiale de l’aérospatiale, ouvre d’autres perspectives. Elle découvre l’ingénierie, les métiers de l’ombre, ceux qui conçoivent, supervisent, assemblent. L’idée fait son chemin. Devenir ingénieure, finalement, ce n’est pas si loin du rêve initial.

Mordjane Dahes a trouvé sa place, malgré le déséquilibre

Aujourd’hui, elle est en première année de baccalauréat à l’ETS. Un domaine encore très masculin. Sur le terrain, ça se ressent. Parfois lourdement. Mordjane le dit sans détour : il faut s’imposer, montrer qu’on est légitime, surtout quand on se retrouve seule femme dans une classe. Rien d’extraordinaire, en somme. Juste la réalité.

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Alors elle s’engage. Beaucoup. À l’ENA déjà, elle cumulait les rôles : ambassadrice, vice-présidente du conseil étudiant, membre d’une association dédiée aux filles dans le secteur. À l’ETS, elle continue. Présidente du comité étudiant de son programme, elle préfère alléger sa charge de cours pour s’impliquer davantage. Un choix assumé.

S’engager, apprendre, regarder plus loin

Cette implication, elle la relie souvent à son parcours migratoire. Le Québec lui a offert un cadre, des portes ouvertes. Elle parle de « redonner », sans emphase. Sur le terrain, ça se traduit par du réseautage, des événements, des responsabilités. Et un stage, actuellement, chez Pratt & Whitney Canada, en supervision. Concret. Technique. Formateur.

Crédit photo : Mordjane Dahes (Facebook officiel)

Côté avenir, rien de figé. Elle évoque l’enseignement, peut-être. La supervision industrielle aussi. Et puis ce rêve d’enfance qui résiste : décrocher une licence de pilote privé, un jour. Juste pour boucler la boucle.

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Dans un portrait publié par le quotidien québécois La Presse, Mordjane Dahes incarne cette génération d’étudiants issus de l’immigration qui trouvent leur place dans des secteurs de pointe, grâce à leur constance et leur engagement. À Montréal, dans l’aérospatial, elle n’est plus une exception. Elle est déjà sur la piste.

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