Immigration des Algériens en France : ce que révèle Lecornu

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Immigration Algériens France

La feuille de route migratoire française vise directement les Algériens avec un accord de 1968 remis en question © Pixabay - Algérie Zoom

Dans un entretien accordé ce dimanche 8 février à la presse quotidienne régionale française, le Premier ministre Sébastien Lecornu a détaillé sa stratégie pour 2026 sur le dossier migratoire. Une feuille de route qui touche directement à l’immigration des Algériens, première nationalité étrangère en France. Et pas seulement à la marge.

Pas de « tsunami migratoire », mais un pilotage plus serré

D’emblée, Lecornu tente de calmer le jeu. L’augmentation du nombre de titres de séjour délivrés, selon lui, ne relève pas d’un déferlement incontrôlé, contrairement au discours porté par une partie de l’extrême droite. Le terme est lâché, presque agacé : pas de tsunami migratoire.

Mais sur le terrain, le cap change quand même. Car le gouvernement français assume désormais une approche plus ciblée, plus ferme aussi, pays par pays. En clair : visas, reconduites à la frontière, laissez-passer consulaires seront désormais traités selon des stratégies spécifiques, adaptées aux réalités de chaque nationalité.

Vingt-quatre pays sont concernés en priorité. L’Algérie en fait partie. Et pas n’importe comment.

Immigration des Algériens en France : l’accord de 68 dans le viseur

C’est sans doute le point le plus sensible. L’immigration des Algériens en France relève encore d’un cadre juridique à part : l’accord franco-algérien de 1968, qui régit l’entrée, le séjour et le travail. Un texte ancien, souvent critiqué, régulièrement évoqué… mais rarement remis à plat.

Cette fois, le ton est plus direct. Sébastien Lecornu parle d’un « cap clair ». Selon lui, l’accord, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, « ne correspond clairement plus aux intérêts » de la France. Et il y a urgence, de son point de vue.

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La renégociation est donc officiellement assumée. Le Premier ministre affirme même que le président Emmanuel Macron prendra plusieurs initiatives dans les prochaines semaines pour aboutir à des résultats concrets. Pas de calendrier précis néanmoins, ni de contenu détaillé.

Titres de séjour : l’IA comme réponse à l’engorgement

Sur un autre front, plus administratif mais tout aussi sensible, le gouvernement reconnaît un problème massif : les préfectures sont débordées. Les délais explosent. Les files d’attente numériques aussi.

Mais au lieu de renforcer les effectifs, Lecornu mise sur la technologie. Il parle même, sans détour, de « préhistoire numérique » pour qualifier les outils actuels utilisés par les services des étrangers.

La solution avancée : une application d’intelligence artificielle chargée d’accélérer le traitement des demandes de visas et de titres de séjour. Objectif affiché : accepter ou refuser plus vite. Soulager les agents. Fluidifier la machine.

Sur le papier, l’idée peut séduire. Sur le terrain, elle inquiète déjà. Associations et collectifs dénoncent depuis des mois une dématérialisation qui laisse certains demandeurs face à un mur numérique, sans interlocuteur, sans recours clair. Mais pour l’exécutif, la rapidité est devenue la clé.

Sans-papiers et AME : réforme sans suppression

Dernier volet, souvent explosif : les sans-papiers. Sébastien Lecornu affirme vouloir maintenir l’Aide médicale d’État (AME), qu’il juge indispensable sur le plan sanitaire. Pas question, donc, de la supprimer.

Mais la réforme est en marche. Deux décrets, publiés ce dimanche au Journal officiel, viennent renforcer la lutte contre la fraude et moderniser les systèmes informatiques de l’État. À la clé, selon le gouvernement, 180 millions d’euros d’économies attendues.

Là encore, peu de détails. Mais un durcissement assumé, sous couvert d’efficacité.

Une nouvelle phase pour les Algériens de France ?

Au final, cette feuille de route prétend dessiner une nouvelle phase. Pour les Algériens concernés par l’immigration en France – visas, titres de séjour ou regroupement familial – les prochains mois seront décisifs.

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Sur place, beaucoup attendent. Certains s’inquiètent. D’autres espèrent simplement des procédures plus lisibles, moins kafkaïennes.

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