France : titre de séjour pour l’Algérien Imad Tintin, l’OQTF annulée
Le tribunal administratif de Grenoble reconnaît le droit au séjour d’Imad Tintin malgré l’arrêté préfectoral © Unsplash - Algérie Zoom
En France, la justice administrative a donné raison à l’influenceur algérien Imad Ould Brahim, connu sur les réseaux sous le nom d’Imad Tintin. Son obligation de quitter le territoire français devient obsolète, et l’administration sommée de revoir sa position. Un dossier suivi de près, à la croisée du droit des étrangers et d’une procédure judiciaire antérieure.
Le tribunal tranche en faveur du requérant
Mercredi dernier, le tribunal administratif de Grenoble a annulé le refus de titre de séjour qui visait l’Algérien de 32 ans. Dans sa décision, la juridiction estime que les services de l’État ont commis une erreur d’appréciation en se fondant sur un cadre juridique inadapté.
Concrètement, le tribunal a considéré que la situation d’Imad Ould Brahim relevait de l’accord franco-algérien de 1968, et non du droit commun appliqué par l’administration. Une nuance lourde de conséquences. Résultat : l’arrêté préfectoral pris à l’automne 2025, assorti d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), se retrouve annulé.
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La préfecture de l’Isère dispose désormais d’un délai de deux mois pour délivrer un certificat de résidence en bonne et due forme.
Vie familiale et cadre juridique au cœur du dossier d’Imad Tintin
Installé en France depuis la fin de l’année 2021, Imad Ould Brahim, dit Imad Tintin, vit à Échirolles. Il est marié à une ressortissante française et est devenu père à la fin de l’année 2024. C’est au titre de sa vie privée et familiale, et plus précisément de son statut de parent d’enfant français, qu’il avait sollicité un certificat de résidence.
Mais sur place, les choses se sont compliquées. L’administration avait estimé que sa situation ne permettait pas l’application de l’accord bilatéral franco-algérien, privilégiant une autre base juridique. Une lecture que le tribunal n’a pas suivie.
Difficile de ne pas y voir un rappel clair : le droit applicable dépend du profil et du parcours, pas d’une appréciation générale.
Un dossier suivi depuis plus d’un an
Cette décision marque un nouvel épisode dans un dossier ouvert en 2025. L’influenceur avait alors été concerné par une procédure judiciaire liée à des propos diffusés sur les réseaux sociaux. L’affaire s’est soldée par une condamnation limitée à une amende, sans peine de prison, décision ensuite aménagée en appel.
Ces éléments avaient pesé dans l’analyse administrative. Mais pour les juges, ils ne suffisaient pas à écarter le cadre protecteur prévu par l’accord de 1968.
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En clair, la justice a estimé que le droit au séjour devait primer, au regard de la situation familiale et des textes en vigueur. Une décision qui pourrait faire jurisprudence dans des dossiers similaires, sans bruit, mais avec des effets bien réels sur le terrain.
