Hantavirus : l’Algérie crée une commission de veille et renforce les mesures préventives

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L’Algérie renforce sa vigilance sanitaire après l’apparition du foyer d’hantavirus sur un navire - Algérie Zoom

L’origine du foyer d’hantavirus qui préoccupe actuellement plusieurs autorités sanitaires, notamment celles de l’Algérie, remonte à la fin du mois de mars 2026, en Argentine, près d’Ushuaïa. Selon les premières informations relayées par les organismes internationaux, un couple néerlandais aurait été contaminé lors d’une sortie dans une décharge à ciel ouvert pendant une excursion d’observation d’oiseaux rares.

Le virus identifié appartient à la souche Andes, une forme rare d’hantavirus capable de transmission entre humains, contrairement à la majorité des autres souches connues. L’épidémie s’est ensuite propagée à bord du navire de croisière MV Hondius, où on a jusqu’à présent recensé onze cas, dont trois décès.

Face à cette situation, le ministère algérien de la Santé a publié, ce mardi 12 mai 2026, un communiqué annonçant le déclenchement d’un dispositif de vigilance sanitaire renforcé.

Hantavirus : en Algérie, le ministère de la Santé annonce une commission spécialisée

Dans son communiqué, le ministère affirme suivre « de près » l’évolution de la situation « en coordination avec les organismes nationaux et internationaux compétents ».

Les autorités sanitaires expliquent qu’« une série de mesures préventives et organisationnelles » a été engagée afin de « renforcer la vigilance sanitaire et assurer un suivi épidémiologique continu ».

Le ministère rappelle que le virus se transmet « généralement par contact avec des rongeurs infectés ou leurs déjections ».

Surtout, Alger insiste sur le fait que « le niveau de risque en Algérie reste faible et bas », précisant l’absence d’identification de tout « lien épidémiologique direct » sur le territoire national.

Cette évaluation rejoint celle de l’Organisation mondiale de la santé. Mardi, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré qu’« pour l’instant, rien n’indique que nous assistions au début d’une épidémie de plus grande ampleur ». Il a toutefois averti que « la situation pourrait évoluer » en raison de la longue période d’incubation du virus.

Le chef de l’OMS a également souligné que, malgré la gravité du foyer apparu sur le MV Hondius, « le risque pour la santé à l’échelle mondiale est faible ».

Quatre mesures de prévention rappelées à la population

Dans le cadre de ce dispositif de prévention contre le hantavirus en Algérie, le ministère de la Santé indique avoir installé « immédiatement » une « commission centrale spécialisée » chargée de coordonner les mesures anticipatives face à toute évolution possible.

Les autorités ont aussi appelé les citoyens à éviter toute forme de panique. « Aucune situation alarmante ne justifie un climat d’inquiétude », insiste le communiqué.

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Le ministère recommande néanmoins le respect de plusieurs gestes préventifs :

  • maintenir la propreté des habitations et des espaces de stockage ;
  • éviter le contact avec les rongeurs ;
  • assurer une bonne ventilation des locaux fermés ;
  • utiliser des moyens de protection lors du nettoyage des espaces exposés.

Le communiqué appelle également la population à « se fier exclusivement aux sources officielles » pour obtenir des informations fiables sur la situation sanitaire.

Une note d’alerte diffusée aux hôpitaux et aux walis

Avant même ce communiqué, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé avait diffusé, le 11 mai 2026, une note d’alerte adressée aux établissements hospitaliers et aux walis.

Le document détaille un dispositif de préparation destiné à anticiper l’éventuelle introduction du hantavirus en Algérie.

Les autorités rappellent que la transmission interhumaine de la souche Andes reste rare et nécessite « des contacts étroits et prolongés ». Mais elles soulignent aussi que « la mobilité internationale » et la période d’incubation pouvant atteindre six semaines imposent un maintien de la vigilance.

La note définit également les critères d’un cas suspect. Sont concernés les voyageurs ayant partagé un moyen de transport avec une personne contaminée et présentant des symptômes comme une forte fièvre, des douleurs musculaires, des troubles digestifs ou des difficultés respiratoires.

Aux frontières, le texte instruit les services concernés de renforcer les contrôles sanitaires dans les ports, les aéroports et les postes frontaliers. Il faut notamment prévoir des équipements de protection, des thermomètres à distance et des espaces d’isolement temporaire.

Dans les hôpitaux, les autorités demandent la réactivation des protocoles de prise en charge utilisés lors des précédentes alertes sanitaires, avec un contrôle renforcé des antécédents de voyage des patients.

L’OMS poursuit la surveillance du foyer apparu sur le MV Hondius

Pendant ce temps, l’OMS continue de suivre l’évolution du foyer détecté sur le navire MV Hondius. L’organisation parle de l’isolement de tous les cas confirmés ou suspects qui se trouvent sous surveillance médicale.

L’organisation recommande un suivi sanitaire actif pendant 42 jours pour les personnes exposées, soit jusqu’au 21 juin prochain.

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« Toute personne présentant des symptômes doit être isolée et traitée immédiatement », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a également salué les efforts de coordination internationale engagés depuis le début de l’alerte.

Le MV Hondius a désormais quitté Tenerife pour rejoindre les Pays-Bas, tandis que les passagers rapatriés restent suivis par les autorités sanitaires de leurs pays respectifs.

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