Hantavirus : un expert algérien éclaire sur les risques et la prévention
Un infectiologue algérien détaille les risques et mesures de prévention contre l’hantavirus © Pexels – Algérie Zoom
Le hantavirus fait la une de l’actualité depuis quelques jours, suscitant l’intérêt du public sur les risques et les mesures de prévention à adopter. L’OMS a déclenché la dernière alerte sanitaire après avoir détecté un foyer épidémique à bord du navire de croisière MV Hondius.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS, bulletin du 13 mai), « 11 cas ont été signalés jusqu’au 13 mai 2026, dont trois décès ». Parmi eux, « huit cas ont été confirmés en laboratoire pour une infection par le virus des Andes (ANDV), deux sont probables et un cas est non concluant et fait l’objet d’analyses complémentaires ».
Face à cette situation, elle indique que « des investigations sont en cours afin d’élucider les circonstances potentielles de l’exposition et la source de la flambée épidémique ». Et précise qu’« elle collabore avec les autorités d’Argentine et du Chili pour analyser la situation et identifier l’origine des cas ».
Une inquiétude ravivée après le Covid-19
L’apparition de nouveaux cas d’hantavirus a rapidement suscité des interrogations dans plusieurs pays, y compris en Algérie. Le souvenir récent de la pandémie de Covid-19 alimente la peur face à toute maladie émergente.
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Face à cette situation, le professeur Lyes Akhamoukh, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Tamanrasset, dans le Sud du pays, a pris la parole. Dans une déclaration accordée au journal arabophone Echaab ce vendredi 15 mai 2026, il a expliqué plusieurs points. Il a parlé du hantavirus, de sa nature, des risques liés à l’infection et des moyens de prévention à adopter.
Hantavirus : les risques et les moyens de prévention expliqués
Le spécialiste rappelle d’abord que « les virus Hanta ne sont pas nouveaux » et qu’« il s’agit d’un groupe de virus connus depuis plusieurs décennies ». Il explique que ces virus « vivent naturellement chez les rongeurs, comme les souris ».
Selon lui, « la contamination survient le plus souvent par inhalation de particules en suspension dans l’air provenant de l’urine, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés ». Il ajoute que « dans de rares cas, l’infection peut se produire par morsure ou par pénétration du virus à travers une plaie ».
Concernant la transmission entre humains, le professeur Akhamoukh insiste sur le fait que « la transmission d’homme à homme reste extrêmement rare ».
Le professeur distingue deux formes de la maladie :
- La première forme, fréquente en Europe et en Asie, provoque une fièvre hémorragique pouvant toucher les reins.
- La seconde forme est respiratoire. Elle débute par des symptômes proches de la grippe ou du COVID-19 et peut évoluer vers une insuffisance respiratoire sévère.
Concernant la gravité, il rappelle : « Le virus n’est pas très contagieux mais peut être dangereux, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 30 à 40 % ». Selon l’expert, « les soins médicaux et l’hospitalisation restent la meilleure prise en charge, aucun traitement spécifique n’existant ».
Il ajoute que « le virus Hanta n’est pas hautement contagieux comparé à d’autres agents pathogènes », mais qu’« il peut être dangereux pour les personnes infectées ».
Des gestes de prévention recommandés
Pour limiter les risques, le professeur Akhamoukh recommande des mesures de prévention. Il conseille de « lutter contre les rongeurs et d’empêcher leur accès aux habitations et aux entrepôts ». Il recommande également de « colmater les fissures » et de « conserver correctement les aliments ».
Par ailleurs, il appelle aussi à « faire preuve de prudence lors du nettoyage des lieux susceptibles de contenir des déjections de rongeurs, notamment dans les espaces poussiéreux ».
Enfin, il insiste sur l’information fiable. « Appuyez-vous sur les sources scientifiques et officielles et méfiez-vous des rumeurs sur les réseaux sociaux. La sensibilisation par les spécialistes et le ministère de la Santé est essentielle », a‑t‑il conclu.
Pour rappel, le ministère de la Santé a indiqué, dans un communiqué publié le 12 mai 2026, que le risque de contamination au hantavirus en Algérie « reste faible ». L’OMS confirme cette évaluation et précise que la situation reste limitée à un foyer local, sans transmission nationale.
