Presse américaine : Gara Djebilet, géant du fer en émergence

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Djebilet Gara

La presse américaine salue Gara Djebilet, présenté comme un « Sleeping Giant », et décrit l’Algérie comme un nouveau géant mondial du fer - Algérie Zoom

La mine de Gara Djebilet, au cœur du Sahara algérien, attire désormais l’attention de la presse américaine et des grands centres de recherche. Derrière les superlatifs, un constat revient : l’Algérie accélère sa sortie de la dépendance aux hydrocarbures et mise sur le fer pour redessiner sa place sur l’échiquier économique mondial.

Pendant des décennies, Gara Djebilet est restée à l’état de promesse. Un gisement colossal, connu depuis les années 1950, mais laissé en sommeil. Les médias américains parlent aujourd’hui d’un « Sleeping Giant » qui sort de sa torpeur après près de 70 ans d’attente.

Pour eux, le déclic porte un nom : le rail. Relier ce gisement enclavé au Sud-Ouest algérien par une ligne ferroviaire lourde relève d’une véritable audace économique.

Gara Djebilet : un « Sleeping Giant » enfin réveillé

Bloomberg ne mâche pas ses mots. L’agence affirme que l’Algérie ne se contente plus de fournir du gaz à l’Europe : elle « se transforme en géant minier émergent ». La future ligne Tindouf – Béchar incarne, selon elle, un game changer en Afrique du Nord, capable d’ouvrir les vannes de l’exportation de minerai de fer à grande échelle.

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Même lecture du côté du Wall Street Journal. Le quotidien souligne que, pendant que le monde débat de transition énergétique, l’Algérie avance ses pions sur le marché du fer. Proximité avec l’Europe, coûts logistiques réduits, volumes massifs : autant d’atouts qui pourraient bousculer les fournisseurs traditionnels d’Amérique du Sud.

Un nouveau centre industriel en Méditerranée

Pour Al-Monitor, l’enjeu dépasse la simple infrastructure. L’Algérie, écrit le média, ne construit pas qu’une voie ferrée : elle s’installe comme hub industriel stratégique pour la Méditerranée et l’Afrique. Une reconfiguration silencieuse des chaînes d’approvisionnement mondiales du fer.

Le magazine Forbes va plus loin et qualifie le projet de « smart sovereign investment ». L’idée : transformer des ressources dormantes en revenus durables, tout en réduisant l’exposition du pays aux chocs pétroliers. Une lecture partagée par Energy Capital & Power, qui voit dans l’axe Béchar – Tindouf l’épine dorsale de l’Algérie post-hydrocarbures.

Deuxième partie – Gara Djebilet, chiffres et terrain

Sur le terrain, les données confirment l’ampleur du pari. Située dans la wilaya de Tindouf, la mine de Gara Djebilet est entrée en exploitation. Les réserves atteignent 3,5 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard exploitables, plaçant le site parmi les plus grands gisements mondiaux.

La pièce maîtresse reste la ligne ferroviaire de 950 km, lancée en décembre 2023 et annoncée opérationnelle début 2026. Un projet hors normes, confié au groupe chinois CRCC, à Cosider et à plusieurs entreprises algériennes. À terme, l’axe s’étendra jusqu’à Oran, portant le tracé total à près de 2 000 km.

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Des trains lourds, capables de transporter jusqu’à 17 000 tonnes de minerai, relieront le gisement à l’usine sidérurgique de Béchar, avant d’alimenter les complexes du Nord et l’export, notamment vers la Chine. La ligne accueillera aussi des voyageurs. Sur place, responsables locaux et ouvriers parlent déjà d’un tournant concret. Le désert, lentement, change de visage.

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