Un Marocain jugé en Algérie après 37 ans sous fausse nationalité
Procès d’un Marocain en Algérie, poursuivi pour usage de faux liés à sa nationalité © Pexels - Algérie Zoom
Ce dimanche 26 avril 2026, la première chambre criminelle de la cour d’Alger a examiné une affaire peu ordinaire. Au centre du dossier, un homme marocain de 63 ans, installé en Algérie depuis près de quatre décennies et ayant vécu tout ce temps sous une nationalité présentée comme algérienne.
Le prévenu, père de famille et résident de longue date à Alger, comparaît pour usage de documents administratifs falsifiés, notamment un certificat de nationalité et un permis de conduire. Selon les éléments examinés à l’audience, ces pièces lui auraient permis de construire toute sa vie administrative en Algérie.
Face au juge, l’homme a affirmé à plusieurs reprises qu’il se considérait comme Algérien de naissance. Il a expliqué que ses enfants étaient nés à Alger et qu’il avait toujours mené sa vie dans le pays. Pourtant, les vérifications menées par les services compétents ont montré qu’il n’était pas inscrit à l’état civil de la commune d’El Harrach, point central de l’affaire.
Des documents contestés et une identité difficile à établir
L’enquête a démarré après la découverte de plusieurs pièces considérées comme irrégulières, parmi elles un certificat de nationalité algérienne et un permis de conduire, indique Ennahar qui a rapporté l’information. Les investigations ont ensuite mis en lumière plusieurs incohérences, notamment sur son lieu de naissance et sur son inscription administrative.
Devant le tribunal, le prévenu a reconnu avoir utilisé le nom de « Ben Ahmed », expliquant qu’il s’agissait d’une solution adoptée durant ses années d’études. Il a raconté qu’à l’époque, il aurait reçu l’aide d’un responsable de sécurité universitaire surnommé « Ammi Brahim », qui l’aurait orienté dans cette démarche.
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Selon sa version, son père serait parti au Maroc en emportant avec lui les documents d’état civil de la famille, ce qui l’aurait empêché de prouver officiellement sa nationalité algérienne. Sans papiers justificatifs, il affirme avoir choisi cette voie pour pouvoir poursuivre ses études puis accéder à un emploi stable.
Un passage au Maroc en 2019 relance les soupçons
Autre élément relevé durant l’audience : un voyage effectué au Maroc en 2019 pour rendre visite à sa mère malade. L’homme a indiqué avoir voyagé avec un laissez-passer délivré par le consulat marocain, avant d’obtenir sur place un passeport marocain.
Il a également reconnu que son acte de naissance provenait du consulat du Maroc et que son permis de conduire mentionnait le Maroc comme lieu de naissance. Des éléments qui ont renforcé les interrogations sur sa situation réelle.
Le magistrat n’a toutefois pas pu établir de manière définitive sa nationalité exacte, malgré plusieurs questions directes sur son identité.
La défense plaide une ancienne erreur de parcours
L’avocat du prévenu a demandé au tribunal de prendre en compte le contexte ancien des faits. Il a soutenu que son client vivait depuis des années comme un père de famille sans antécédents judiciaires, et qu’il ne cherchait pas à tirer un avantage illégitime mais à régulariser une situation née il y a près de quarante ans.
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La défense a aussi soulevé la question de la prescription, estimant que les faits reprochés remontaient trop loin pour justifier des poursuites aujourd’hui. Le parquet s’est opposé à cet argument, et le juge a décidé de joindre ce point au fond du dossier.
L’affaire de la nationalité algérienne du résident marocain en Algérie a finalement été mise en délibéré. La décision tombera la semaine prochaine.
