Une Franco-Algérienne chasse les objets pillés par la France pour les rendre à l’Algérie
Une Franco-Algérienne agit pour restituer à l’Algérie des pièces pillées de son patrimoine historique © Pexels - Algérie Zoom
Retrouver des pièces du patrimoine algérien dispersées en France, parfois depuis plus d’un siècle, puis faire revenir ces objets historiques en Algérie. C’est le travail patient que mène Keltoum Derghal, une Franco-Algérienne engagée dans la préservation de la mémoire historique. On revient en détail sur son histoire dans cet article du 29 avril 2026.
Comme le rapporte Brut Afrique, cette assistante de direction parcourt régulièrement les ventes aux enchères pour repérer des objets liés à l’histoire de l’Algérie, emportés durant la période coloniale. Son objectif est simple, mais exigeant : les récupérer légalement puis organiser leur retour vers les institutions patrimoniales algériennes.
Sa première acquisition remonte à 2023. Depuis, elle poursuit cette démarche avec une conviction assumée : ces pièces doivent retrouver leur place d’origine et être accessibles au public.
Elle l’explique clairement au média cité plus haut : ce qui compte avant tout, c’est que ces objets appartiennent à l’histoire de l’Algérie. Selon elle, leur place naturelle se trouve dans un musée national, afin que l’ensemble des Algériens puisse les voir et se les réapproprier.
Objets anciens en France : une restitution à l’Algérie encadrée et documentée
Le retour de ces objets ne se fait pas de manière improvisée. Chaque étape suit un cadre précis.
Pour assurer une restitution officielle à l’Algérie, Keltoum Derghal s’appuie sur la Fédération franco-algérienne. L’association accompagne les démarches administratives et veille à la conformité des dossiers, notamment avec les certificats fournis par les commissaires-priseurs.
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Karima Khatim, présidente de la fédération, insiste sur ce point : il ne s’agit pas seulement de récupérer des objets, mais de garantir une transmission en bonne et due forme, avec toutes les preuves nécessaires.
Cette implication associative traduit aussi une mobilisation plus large au sein d’une partie de la diaspora. Pour plusieurs Franco-Algériens, ces actions relèvent d’un devoir de mémoire, mais aussi d’un lien concret avec leur pays d’origine.
Le regard des historiens sur ce mouvement
Avant leur retour, les pièces sont également examinées par l’historien Benjamin Stora, qui suit ce type de démarches patrimoniales.
Il observe depuis plusieurs années une volonté croissante, notamment chez les jeunes générations issues de pays anciennement colonisés, de reprendre possession de leur héritage culturel.
Selon lui, cette dynamique dépasse largement le cas algérien. Elle concerne aussi d’autres pays d’Afrique du Nord ainsi que plusieurs États d’Afrique subsaharienne.
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Il ne s’agit par ailleurs pas seulement de biens anciens exposés dans des catalogues de vente en France. Derrière chaque pièce, il y a une mémoire, une histoire, parfois un vide laissé depuis longtemps.
Et pour Keltoum Derghal, ce travail, portant sur les objets ramenés d’Algérie du temps de la France coloniale, commence souvent dans le silence d’une salle de vente, catalogue en main, avec une idée fixe : faire revenir une part du patrimoine algérien là où elle doit être.
