UNESCO : après le Caftan, l’Algérie défend la Blouza
L’Algérie dépose la candidature de la Blouza pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO - Algérie Zoom
Une nouvelle pièce du vestiaire traditionnel algérien entre en scène. La Blouza, emblématique de l’Ouest de l’Algérie, fait désormais l’objet d’une candidature officielle pour rejoindre la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO. Un geste à la fois culturel et stratégique.
Mardi soir, la ministre de la Culture, Malika Bendouda, a levé le voile sur une étape attendue. Le dossier de la Blouza algérienne vient d’être déposé auprès de l’UNESCO. Une annonce sobre, publiée sur les réseaux sociaux, mais qui marque un tournant dans la politique de valorisation du patrimoine.
Le pays ne part pas de zéro. Ces dernières années, plusieurs tenues traditionnelles ont déjà obtenu une reconnaissance internationale. Le Caftan, la Gandoura ou encore la Melhfa figurent désormais sur les listes du patrimoine immatériel. Des inscriptions qui ont, à chaque fois, suscité un certain écho, parfois même des débats.
Cette fois, l’attention se porte sur une tenue profondément ancrée dans le quotidien des femmes de l’Ouest. La Blouza. Une évidence pour certains, presque une urgence pour d’autres.
UNESCO : la Blouza, bien plus qu’un vêtement
Sur le terrain, difficile de réduire la Blouza à une simple robe. Elle accompagne les mariages, les fêtes, les moments forts. Elle traverse les générations, aussi.
La ministre l’évoque d’ailleurs de manière très personnelle. Elle parle d’un habit transmis de grand-mère en mère, puis porté aujourd’hui encore. Une continuité presque intime. On comprend vite : derrière le tissu, il y a une mémoire.
Dans les ateliers de couture d’Oran ou de Tlemcen, les artisans s’activent depuis longtemps pour maintenir ce savoir-faire. Broderies fines, perlage précis, choix des tissus… chaque détail compte. Rien n’est laissé au hasard. Et ça se voit.
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Inscrire la Blouza à l’UNESCO, c’est aussi protéger ce travail. Lui donner une existence officielle face aux tentatives d’appropriation, de plus en plus fréquentes dans le domaine du textile traditionnel.
L’Algérie dépose la Blouza à l’UNESCO
Cette démarche ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une logique plus large. Celle d’un pays qui cherche à affirmer son patrimoine vestimentaire à l’échelle internationale.
Lors de sa dernière session, tenue à New Delhi, l’UNESCO a validé l’élargissement du dossier algérien autour du costume de cérémonie du Grand Est. Le Caftan, le Quat et le Lhef rejoignent désormais officiellement les éléments reconnus.
Dans le même mouvement, l’Algérie a obtenu une mise à jour du dossier des rites nuptiaux de Tlemcen, avec l’intégration explicite du port du Caftan. Un détail ? Pas vraiment. Cela renforce la traçabilité culturelle de ces pratiques.
Protéger, mais aussi transmettre
Au-delà des dossiers et des procédures, l’enjeu reste concret. Il s’agit de préserver un héritage, oui. Mais surtout de le faire vivre.
Dans certaines familles, la Blouza ne se range pas dans une armoire. Elle se porte encore, régulièrement. Lors des fêtes, dans les cérémonies. Elle évolue aussi, parfois modernisée, sans perdre son identité. Cette candidature arrive donc à un moment particulier. Entre tradition et adaptation.
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Reste maintenant à attendre la réponse de l’UNESCO. Mais sur le terrain, beaucoup considèrent déjà que l’essentiel est ailleurs : dans la transmission, au quotidien. Et ça, aucun label ne peut vraiment le garantir.
