L’euro flambe face au dinar algérien : 280 DA pour 1€
Sur le marché parallèle, l’euro continue sa course folle face au dinar algérien. D’après un reportage diffusé par une chaîne d’information, la devise européenne s’échange désormais jusqu’à 280 dinars pour un euro, un niveau inédit qui reflète la forte demande et la rareté de la monnaie sur le marché noir.
Un reportage sur le dinar algérien publié le 15 octobre 2025 par la chaîne arabophone Echorouk News jette une lumière crue sur l’évolution du marché parallèle des devises à Alger : selon la légende de la vidéo, « Au milieu d’une forte demande et d’une rareté sur le marché noir, l’euro atteint 280 DA pour 1€ ».
La séquence, d’environ trois minutes, a été tournée au square Port-Saïd — lieu désormais emblématique des transactions informelles — et montre des échanges en direct entre un journaliste déguisé en client et plusieurs cambistes. Sur place, le journaliste explique vouloir acheter des euros pour régler un achat à l’étranger.
Les cambistes interrogés parlent d’un prix d’environ 268 DA l’unité, en justifiant la hausse par la raréfaction de l’euro sur le marché parallèle. L’un d’eux confie qu’ils se les procurent eux-mêmes autour de 260 à 265 DA selon la quantité, ce qui contraint les vendeurs à répercuter ces coûts sur les acheteurs.
Le reportage souligne aussi que, lorsque des montants importants doivent transiter vers des places financières comme Istanbul ou Dubaï, la demande explose et tire les cours à la hausse.
La scène la plus parlante reste l’échec du journaliste à se procurer 11 000 € : les cambistes expliquent qu’ils n’ont tout simplement pas ces sommes disponibles, témoignant du caractère exceptionnellement rare de la devise sur le marché noir ces derniers temps.
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Le média conclut sur un constat connu mais préoccupant : malgré les mesures de l’État pour canaliser et déclarer les flux de devises, la fuite des capitaux et les circuits informels restent des moteurs puissants de l’activité parallèle. Ce reportage ne sort pas de nulle part.
Des analyses et articles récents rappellent que la contrebande et le transfert illicite de devises constituent un problème structurel en Algérie — alimenté par des besoins réels (voyages, achats à l’étranger, transferts commerciaux) autant que par des mécanismes informels qui cherchent à contourner des procédures parfois lourdes.
Les saisies aux frontières et les opérations ciblées contre le trafic de devises se multiplient, mais le phénomène persiste, suggèrent plusieurs publications nationales.
Euro – Dinar algérien : les raisons d’une flambée historique
Pourquoi cette pression maintenant sur l’euro ? Plusieurs facteurs se conjuguent : un renchérissement des échanges commerciaux en devises, des transferts privés vers des places étrangères et une offre limitée dans les circuits non officiels. À ces éléments s’ajoutent des comportements d’anticipation — acheteurs et intermédiaires craignent une nouvelle hausse, ils stockent, la demande augmente encore, et le prix grimpe.
Les données macro-économiques officielles (rapports bancaires et douaniers) montrent une intensification des mouvements de capitaux ces dernières années, même si les chiffres officiels ne capturent pas l’entier du marché parallèle.
Quelles conséquences pour le citoyen ?
Une hausse de l’euro sur le marché noir devant le dinar algérien pèse directement sur les personnes qui ont besoin de devises pour se rendre à l’étranger, acheter un véhicule ou régler des prestations importées — des opérations qui deviennent plus coûteuses et plus incertaines.
À plus large échelle, la persistance d’un marché noir actif fragilise la politique monétaire et complique la lutte contre la fuite des capitaux.
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Le reportage sur le prix de l’euro contre le dinar algérien cité plus haut, simple dans sa forme mais explicite dans son contenu, rappelle que la réalité du terrain dépasse souvent les chiffres officiels : quand la devise manque dans la rue, c’est tout un pan de l’économie — informel, mobile, difficile à tracer — qui pèse sur les prix et sur la confiance.
Reste à savoir si les mesures administratives et les contrôles aux frontières suffiront à enrayer un phénomène qui trouve ses racines dans des besoins économiques réels et des arbitrages incités par l’absence d’un marché légal fluide et accessible.
