Algérie-Belgique : accord historique sur passeports diplomatiques et retour des sans-papiers
Accords bilatéraux entre Alger et Bruxelles sur mobilité diplomatique et gestion des migrants irréguliers © MAE - Algérie Zoom
La visite du ministre d’État et chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, à Bruxelles marque une étape tangible dans les relations entre Alger et Bruxelles. Deux textes ont été signés par l’Algérie et la Belgique, l’un sur la réadmission des migrants en situation irrégulière, l’autre sur l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service. Côté belge, le premier est déjà qualifié d’« historique ». Sur place, le ton est resté sobre, mais l’importance politique du moment ne faisait guère de doute.
Ces accords s’inscrivent dans une séquence plus large de relance de la coopération bilatérale. Les discussions ont mêlé migration, mobilité officielle et cadre juridique. En clair, les deux capitales cherchent à fluidifier certains déplacements tout en encadrant davantage les situations irrégulières.
Réadmission des migrants : procédures accélérées
Le texte consacré au retour des personnes en situation irrégulière prévoit plusieurs mécanismes concrets. Les autorités pourront accélérer l’identification des personnes concernées, avec un délai annoncé de quinze jours. Une fois l’identité confirmée, un document de voyage temporaire valable trente jours pourra être délivré. Les retours s’effectueront par vols individuels ou collectifs, directs ou indirects, avec possibilité d’accompagnement par des agents algériens en cas de rapatriement contraint.
À lire aussi | Visa Schengen : l’ambassade de Belgique alerte les Algériens
La ministre belge de l’Asile et de la Migration a insisté sur l’impact attendu. Selon elle, cet accord doit faciliter l’exécution des décisions de renvoi et contribuer à réduire les demandes d’asile. Les chiffres évoqués donnent la mesure de l’enjeu : 2 251 personnes se déclarant de nationalité algérienne ont reçu un ordre de quitter le territoire belge l’an dernier, mais seulement 85 départs effectifs ont été enregistrés. Par ailleurs, environ 780 personnes se disant algériennes se trouvent actuellement dans les prisons belges, dont la majorité sans titre de séjour.
Algérie-Belgique : exemption de visa pour les passeports diplomatiques
Le second accord, plus discret mais politiquement significatif, concerne la suppression du visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service. L’objectif est clair : faciliter les déplacements officiels et renforcer les échanges institutionnels. Les deux pays veulent ainsi simplifier la circulation de leurs responsables et soutenir les contacts réguliers entre administrations.
Au-delà des signatures, Ahmed Attaf et son homologue belge ont tenu une réunion élargie aux deux délégations. Les discussions ont porté sur la coopération économique, les instruments juridiques à moderniser et les moyens de stimuler les échanges. Les dossiers régionaux, notamment au Moyen-Orient et au Sahel, ont également été évoqués.
À lire aussi | Visite de Giorgia Meloni en Algérie : Tebboune dévoile les engagements clés
Au final, ces accords traduisent une volonté commune d’avancer par étapes concrètes. La mise en œuvre dépendra désormais des procédures internes, notamment du passage du texte migratoire devant le Parlement belge. Mais sur le terrain diplomatique, le signal est donné.
