Algérie : fin du cash pour les comptes commerciaux à risque
La Banque d’Algérie limite les dépôts en espèces pour les comptes commerciaux jugés à risque © Banque d'Algérie - Algérie Zoom
La Banque d’Algérie change les règles du jeu en resserrant l’étau sur le cash. Les dépôts en espèces sur les comptes commerciaux deviennent l’exception, les virements et chèques s’imposent comme norme. Une décision qui vise la transparence et la lutte contre les risques financiers.
Mardi, une note interne – référencée 02/DGIG/2025 – est tombée. La Banque d’Algérie indique aux banques l’obligation de refuser les dépôts en cash pour les comptes commerciaux, sauf cas exceptionnels, justifiés et validés. En clair, fini les habitudes anciennes : l’argent liquide ne passe plus, sauf dérogation.
Objectif : traçabilité
Le texte est direct. Les opérations doivent coller au profil du client, à son historique financier. Pas de place pour l’opacité. Les banques sont sommées d’appliquer à la lettre les textes existants : le règlement 24-03 ainsi que l’instruction 03-24 sur la vigilance, plus les directives de la Commission bancaire.
Une logique de risque
La Banque centrale adopte une approche basée sur l’analyse des risques. Les clients jugés sensibles, les opérations classées à haut risque, doivent être surveillés de près. Les dépôts massifs en liquide sont dorénavant considérés comme une alerte. Les banques doivent renforcer leurs contrôles, multiplier les vérifications.
Pas d’obstacle pour les petits acteurs
Le durcissement ne doit pas bloquer l’inclusion financière. La circulaire le précise : les particuliers et les petites entreprises, avec des dossiers clairs, doivent continuer à accéder aux services bancaires de base. Le message est double : sévérité pour les flux opaques, souplesse pour les profils simples.
Vers une nouvelle culture bancaire
Derrière ces mesures, une orientation stratégique : pousser l’économie vers le paiement numérique et écrit. Les virements, les chèques, les transactions traçables deviennent la règle. Le liquide recule. Une évolution qui rapproche l’Algérie des standards internationaux et qui pourrait transformer durablement les pratiques des entreprises.
En somme, la circulaire du 22 décembre marque un tournant. Les dépôts en espèces ne disparaissent pas totalement, mais ils sont désormais sous contrôle strict. Pour les comptes commerciaux, la Banque d’Algérie impose une nouvelle discipline : moins de cash, plus de transparence.
