Crise Alger – Paris : l’Algérie convoque à nouveau l’ambassadeur de France
Les tensions entre Alger et Paris connaissent un nouvel épisode avec la convocation, pour la deuxième fois, de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet.
En effet, l’Agence de presse algérienne (APS) a annoncé ce dimanche 16 mars 2025 que le ministère des Affaires étrangères algérien a convoqué à nouveau l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, dans un contexte de tensions croissantes entre Alger et Paris.
Effectivement, cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes, marqué par des accusations françaises jugées « fallacieuses » par Alger.
Dans une dépêche intitulée « L’hypocrisie diplomatique : Quand la France accuse l’Algérie en oubliant ses propres privilèges », l’APS affirme que la droite et l’extrême droite françaises cherchent à « manipuler l’opinion » en accusant l’Algérie de profiter d’une prétendue aide française et de ne pas respecter les accords bilatéraux.
L’agence cite notamment le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui, selon elle, relaie des « allégations infondées » en ignorant un point essentiel : « si un pays tire un réel avantage de cette relation, c’est bien la France ».
Des privilèges français en Algérie dans le viseur
L’APS révèle que cette nouvelle convocation de l’ambassadeur français, qui a eu lieu la semaine dernière, est liée à un dossier que Paris « a longtemps évité » : celui des biens immobiliers français en Algérie.
Selon l’agence, la France bénéficie d’« un traitement préférentiel », exploitant « 61 propriétés sur le sol algérien pour des loyers symboliques, voire inexistants ».
Parmi ces biens, l’APS cite l’ambassade de France à Alger, qui s’étend sur « 14 hectares dans les hauteurs de la capitale », et dont le loyer serait dérisoire, « à peine suffisant pour louer une petite chambre à Paris ».
Elle évoque également la résidence de l’ambassadeur à Alger, qui occupe « 4 hectares et a bénéficié d’un loyer symbolique de 1962 à août 2023 », un « privilège » que Paris « n’a jamais accordé à Alger sur son propre territoire ».
Des accords bilatéraux à sens unique ?
L’APS rappelle que ces avantages ne se limitent pas aux biens immobiliers. Elle cite notamment l’accord de 1968, qui encadre le statut des Algériens en France et dont Paris « critique souvent l’existence », tout en « profitant largement de la main-d’œuvre algérienne pour son économie ».
L’agence souligne aussi l’accord de 1994, qui régit la coopération économique entre les deux pays, mais qui, selon elle, a surtout permis aux entreprises françaises d’« obtenir un accès privilégié au marché algérien », alors que les sociétés algériennes restent « limitées dans leurs opportunités en France ».
Alger – Paris : vers une remise en question des engagements ?
Pour l’APS, cette nouvelle convocation de l’ambassadeur français traduit une volonté d’Alger de poser la question de la réciprocité.
L’agence conclut : « Si Paris veut ouvrir le débat sur le respect des engagements et la réciprocité des avantages, qu’il en soit ainsi… Nous verrons alors qui a réellement profité de ces accords et qui ne les a pas respectés ».
