Élevage en Algérie : aliment « Sheep Date », une invention locale

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Sheep Date

Sheep Date, l’invention algérienne issue des rebuts de dattes, vise à réduire les importations pour l’élevage © Unsplash - Algérie Zoom

L’Algérie avance sur un aliment destiné au cheptel, baptisé Sheep Date, mis au point à partir de rebuts de dattes. Un produit pensé pour l’élevage ovin, mais dont l’enjeu dépasse largement la simple ration animale.

Présenté lors de la réunion du gouvernement présidée, ce mercredi 4 février 2026, par le Premier ministre Sifi Ghrieb, Sheep Date s’inscrit dans une logique très concrète : mieux utiliser ce que le pays produit déjà, réduire certaines importations coûteuses, et soutenir un secteur agricole souvent sous pression.

Transformer les rebuts en ressource utile

Le principe est simple, presque évident sur le papier. Les déchets issus de la filière dattière – abondants, surtout dans le Sud – sont valorisés pour produire un aliment destiné à l’engraissement des ovins. Le produit est breveté. Il a été développé par le Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides de Biskra, un établissement familier des contraintes du terrain.

Sur place, dans ces régions où l’élevage se fait souvent avec des moyens limités, l’idée parle d’elle-même. Les éleveurs cherchent des solutions stables, accessibles, qui ne dépendent pas entièrement des marchés extérieurs. Sheep Date vise précisément ce point d’équilibre.

Réduire la dépendance au maïs importé

En clair, ce nouvel aliment pourrait offrir une alternative au maïs fourrager importé, dont les coûts pèsent sur la filière. Sans révolution tapageuse. Mais avec un impact potentiel sur la durée, surtout si la production est appelée à monter en puissance.

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Le gouvernement a souligné que cette initiative s’inscrit dans une démarche de valorisation de la recherche scientifique appliquée. Un mot parfois galvaudé, mais qui prend ici une forme tangible : un produit fini, utilisable, pensé pour répondre à un besoin précis.

Une innovation parmi d’autres chantiers structurants

La présentation de Sheep Date est intervenue dans un contexte plus large. Le gouvernement a, le même jour, examiné le plan de développement des hydrocarbures 2026-2030, le financement de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Menia par la Banque africaine de développement, ou encore les projets de stations de déminéralisation à Tamanrasset et Tindouf.

Mais sur le terrain agricole, cette innovation retient l’attention autrement. Parce qu’elle touche à l’alimentation animale, donc à la viande, aux prix, aux équilibres locaux. Difficile de ne pas y voir un signal : celui d’une volonté de tirer davantage parti des ressources nationales, jusque dans leurs résidus.

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Reste maintenant la phase la plus attendue. Celle du déploiement réel, au contact des éleveurs. Là où, souvent, tout se joue.

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