L’incident de la prof avec l’étudiante en Niqab à l’Université Alger 1 prend des proportions énormes
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L’expulsion d’une étudiante en informatique par son enseignante à l’Université Alger 1 pour port de Niqab entraîne des répercussions à plusieurs niveaux. Nous revenons en détail sur tous les contours de l’affaire dans notre édition du 14 octobre.
Tout a commencé avec une publication sur un groupe Facebook dédié aux étudiants de l’Université Alger 1 Benyoucef Benkhedda, également connue sous l’appellation de Fac centrale, en référence à l’ancien nom Faculté centrale d’Alger.
Le message de dénonciation est l’œuvre d’un participant anonyme. Celui-ci explique avec beaucoup d’indignation qu’un « incident désolant, qu’on ne peut passer sous silence, a eu lieu aujourd’hui à l’Université Alger 1 ».
D’après son texte, l’auteur serait témoin de la scène. Il donne une description des évènements comme suit : « Une enseignante a expulsé du cours une étudiante en Master 2, car elle portait le Niqab ».
Cependant, la publication ne s’arrête pas là. L’internaute qui l’avait rédigée a assuré que « la prof a prononcé des propos blessants, en disant ne pas croire que l’étudiante est jolie au point de séduire les hommes simplement en dévoilant son visage ».
Le même message poursuit en affirmant que l’enseignante « a dit à son étudiante d’aller dans les pays du Golfe si elle voulait porter le Niqab », et conclut en s’interrogeant « comment une enseignante peut-elle humilier ainsi une étudiante en raison de sa tenue ? ».
Pagaille sur les réseaux sociaux
La publication s’est propagée sur les réseaux sociaux comme une traînée de poudre. Les réactions ont fusé de partout, faisant éclater une intense polémique.
Le Niqab, voile islamique intégral, c’est-à-dire couvrant totalement toutes les parties du corps féminin, a la réputation de provoquer des débats virulents, même dans les pays traditionnellement musulmans. C’est d’ailleurs ce qui s’est également passé cette fois encore.
La Toile bouillonne sous l’effet de publications contradictoires entre ceux qui solidarisent avec l’étudiante, en défendant son droit à porter l’habit religieux dans l’enceinte universitaire, et ceux qui se montrent d’accord avec l’enseignante sur le fond, mais en désaccord sur la forme.
L’administration de l’Université Alger 1 intervient
Face à la polémique incessante qui grogne sur le Net, l’administration de l’Université Alger 1 a pris la décision de réagir.
Dans un communiqué paru hier samedi, l’administration explique que « suite aux informations relayées sur les réseaux sociaux concernant ce qui s’est passé entre l’enseignante et l’étudiante à la faculté des sciences de l’Université Alger 1 », les deux protagonistes ont été convoquées et on a entendu leurs versions des faits séparément.
« Finalement, le dossier a été déféré à la Commission d’éthique et de déontologie de l’Université Alger 1 pour trancher », termine le communiqué. Cela veut dire que l’enseignante risque de se voir sanctionnée.

L’affaire arrive au Parlement
Un député du parti d’obédience islamique Mouvement El-Bina d’Abdelkader Bengrina a adressé une question écrite au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, au sujet de l’étudiante en Niqab expulsée par sa prof à l’Université Alger 1.
En effet, le parlementaire Bachir Amri a rédigé sa question en expliquant que cet incident n’est ni le seul ni le premier. Il affirme que son parti a constaté des cas similaires dans des universités à Batna et à Oran.
Le représentant parlementaire appelle le ministre à agir d’une main de fer contre ses « pratiques individuelles » qu’il juge « honteuses ». Pour lui, il s’agit d’une urgence qu’il faudra régler sans tarder en punissant l’acte survenu à l’Université Alger 1.
