Nouveau Code de la route en Algérie : le GPS est-il interdit ?

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GPS Algérie

Le ministère de l’Intérieur confirme que l’usage du GPS reste autorisé dans le nouveau Code de la route © Pexels - Algérie Zoom

La rumeur a enflé sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Certains internautes en Algérie affirment que le nouveau projet de loi sur la circulation routière interdit l’usage du GPS au volant. Faux, répond le ministère de l’Intérieur. Une responsable clarifie les choses et remet le texte dans son contexte, chiffres à l’appui.

Depuis plusieurs jours, des publications circulent. En clair : utiliser Google Maps (GPS) ou Waze en conduisant exposerait désormais à une amende en Algérie. Sur le terrain, des automobilistes s’interrogent. Difficile de ne pas y voir un classique emballement numérique, nourri par une lecture rapide ou erronée du projet de loi.

Invitée de l’émission « L’invité du matin » sur la Chaîne I de la radio nationale, Hassiba Kouasmia, sous-directrice de la circulation routière au ministère de l’Intérieur, a tranché net. « Le nouveau projet de loi n’interdit pas l’utilisation du système de géolocalisation (GPS). Il s’agit d’un outil d’orientation qui va dans le sens de la sécurité routière ». Le message se veut clair et sans ambiguïté.

Algérie : ce que dit la responsable sur l’usage du GPS

La responsable fait toutefois une distinction essentielle. Le texte classe l’usage du téléphone portable ou des appareils audiovisuels en conduisant parmi les infractions de quatrième degré. Motif : la distraction. « Le téléphone détourne l’attention du conducteur. C’est précisément ce que la loi cherche à réduire », explique-t-elle.

Autrement dit, tenir son téléphone en main, écrire un message ou naviguer sur des vidéos reste sanctionnable. En revanche, un GPS fixé, utilisé comme aide à l’orientation, ne pose pas problème en Algérie. Une nuance que beaucoup ont visiblement ignorée en ligne.

Une loi dictée par l’urgence

Si le ministère serre la vis, ce n’est pas par hasard. Les chiffres parlent. Durant les dix premiers mois de 2025, les routes algériennes ont fait plus de 3 000 morts et 31 000 blessés. Un bilan lourd, qui pèse dans chaque débat. « La loi répond à une situation préoccupante. Elle mise sur la prévention, la formation et la digitalisation », insiste Hassiba Kouasmia.

Le projet comprend 190 articles, organisés autour des règles de circulation, du permis de conduire, des exigences techniques des véhicules et des mécanismes de contrôle. L’objectif affiché : changer les comportements, pas multiplier les sanctions pour le principe.

Ce qui change, concrètement

Dans le nouveau projet de loi sur la circulation routière, les infractions se répartissent en quatre degrés, avec des amendes allant de 4 000 à 13 000 dinars, doublables dans les cas graves. Alcool, stupéfiants, blessures ou homicide involontaire

Parmi les nouveautés : jeter des déchets depuis un véhicule devient une infraction, sanctionnée par 6 000 dinars. Sécurité et environnement se croisent désormais dans le même article.

Adopté par l’Assemblée populaire nationale le 24 décembre, le projet attend encore l’examen du Conseil de la Nation. Des ajustements restent possibles. Le ministère dit rester ouvert aux remarques des syndicats et des citoyens. Une chose, en revanche, semble acquise : le GPS n’a rien d’illégal en Algérie. Sur les routes comme sur les réseaux, la précision reste parfois la meilleure boussole.

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