Aïn El Fouara vandalisée : le ministère répare et poursuit en justice
À Sétif, le ministère agit pour restaurer Aïn El Fouara et engager des poursuites judiciaires - Algérie Zoom
Le monument d’Aïn El Fouara, à Sétif, fait de nouveau l’objet d’une prise en charge officielle. Après les dégradations constatées ces derniers jours, le ministère de la Culture et des Arts a enclenché une intervention rapide, à la fois sur le terrain et sur le plan juridique, indique un communiqué officiel publié ce mardi 3 mars.
Sur place, les habitants regardent faire. Certains s’arrêtent, observent les échafaudages, commentent à voix basse. Le lieu reste vivant, malgré l’incident.
Une intervention technique immédiate à Sétif
Sur instruction directe de la ministre, une équipe spécialisée relevant du musée public national de Cherchell a été dépêchée dans la wilaya de Sétif. Objectif clair : réparer sans dénaturer.
Les travaux engagés portent sur la remise en place des éléments endommagés et le traitement précis des fissures apparues sur la structure. Rien n’est laissé au hasard. Les restaurateurs appliquent les standards scientifiques et techniques actuellement en vigueur pour la conservation des œuvres patrimoniales.
Le ministère insiste sur ce point : il s’agit de restituer au monument son apparence originelle, mais aussi sa valeur symbolique et esthétique, intimement liée à l’histoire de la ville. Difficile de ne pas y voir un signal envoyé aux habitants : Aïn El Fouara n’est pas un décor figé, mais un repère collectif, surveillé et protégé.
Aïn El Fouara : des poursuites judiciaires engagées
Au-delà du chantier, le dossier se poursuit sur un autre terrain. Le ministère affirme avoir pris l’ensemble des mesures légales nécessaires afin d’engager des poursuites contre les auteurs de ces dégradations, conformément aux textes encadrant la protection des biens culturels.
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Le message est donc double. D’un côté, rappeler que le patrimoine relève du bien commun. De l’autre, souligner que toute atteinte à ces symboles entraîne des conséquences prévues par la loi. Dans son communiqué, l’administration appelle également les citoyens et les acteurs de la société civile à renforcer leur vigilance et à participer, chacun à son niveau, à la préservation de cet héritage partagé.
Culture vivante : entre restauration et création artistique
Cette mobilisation autour d’Aïn El Fouara intervient dans un contexte culturel plus large. Quelques jours plus tôt, la ministre Malika Bendouda supervisait à Alger un événement d’une toute autre nature : le concert du musicien libanais Marcel Khalifé à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïh.
Devant une salle comble, l’artiste a déroulé un répertoire couvrant plus de quarante ans de création, mêlant musique, poésie et mémoire collective. Une soirée marquée par une dédicace à l’Algérie ainsi que par des œuvres inspirées des textes de Mahmoud Darwich.
Dans son intervention, la ministre a rappelé que l’accueil de figures majeures de la scène internationale s’inscrit dans une dynamique culturelle continue, notamment durant le mois de Ramadan.
En marge de ce concert, Mme Bendouda a également mis en avant le projet de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie, inscrit dans une politique culturelle portée par le président Abdelmadjid Tebboune. Un projet structurant, pensé pour irriguer durablement le paysage musical national.
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Deux scènes différentes, un même fil conducteur : protéger le patrimoine, tout en faisant vivre la création. À Sétif comme à Alger, la culture se restaure, se joue, se transmet. Et continue, simplement.
