Code de la route en Algérie : le ministre de la Justice clarifie
Le ministre de la Justice rassure sur les sanctions du nouveau Code de la route, ciblant uniquement les cas graves - Algérie Zoom
Le nouveau Code de la route en Algérie, un texte qui suscite débats et inquiétudes, mais dont l’objectif affiché reste la protection des vies sur les routes algériennes.
Le nouveau Code de la route en Algérie fait parler de lui. Depuis plusieurs jours, des voix s’élèvent en effet en évoquant des mesures jugées « trop dures ». Ce 13 janvier, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a pris la parole au Conseil de la Nation pour calmer le jeu.
Le ministre a insisté : les sanctions renforcées ne visent pas les accidents ordinaires. Elles concernent des cas précis – conduite en état d’ivresse, usage de stupéfiants, fuite de responsabilité, ou encore permis falsifié. Les automobilistes impliqués dans des incidents classiques ne sont donc pas concernés.
Détention provisoire : un chiffre marginal
Autre point sensible, la détention provisoire. Boudjemaa a précisé qu’elle ne touche que 0,5 % des situations, et uniquement dans les cas graves. Il a rappelé que les magistrats savent faire la part des choses et qu’aucun dossier n’est traité de manière automatique.
Le ministre de la Justice a appelé à garder confiance. Selon lui, ce texte n’a pas pour but d’effrayer, mais de protéger les vies humaines. Il a évoqué les réalités du terrain : routes abîmées, circulation dense, conditions parfois difficiles. Autant de facteurs qui expliquent la nécessité d’un encadrement plus strict.
Élaboration collective et enquête approfondie
Concernant les sanctions dites « sévères », Boudjemaa a précisé qu’elles ne sont appliquées qu’après une enquête judiciaire minutieuse. Le texte a été préparé par des spécialistes, avec la participation de plusieurs acteurs. Certaines dispositions ont été mal comprises, ce qui a nourri les inquiétudes.
En résumé, ce nouveau Code de la route ne cherche pas à sanctionner davantage les conducteurs ordinaires. Il cible les comportements à haut risque, ceux qui mettent directement en danger la vie des autres. Pour les autorités, la sécurité routière reste une priorité nationale.
Code de la route en Algérie : présentation du projet de loi au Sénat
Pour rappel, mardi dernier, au Conseil de la Nation, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a défendu devant la Commission de l’équipement et du développement local le nouveau projet de loi sur la circulation routière. Un texte dense – dix chapitres, 190 articles – qui veut répondre aux mutations rapides du monde et aux menaces pesant sur la sécurité routière.
Le ministre a parlé d’une réforme capitale, destinée à renforcer la sécurité des véhicules et des routes, mais aussi à engager la responsabilité pénale et civile de tous les acteurs en cas de manquement. L’idée : bâtir une société respectueuse de l’ordre, consciente de la valeur de la vie.
Responsabilisation et prévention
Le projet met l’accent sur la prévention des accidents, en ciblant leurs causes multiples : conducteurs, véhicules, infrastructures. Les responsables de travaux routiers devront désormais répondre civilement des dommages liés à des chantiers non conformes ou négligés. Les procès-verbaux falsifiés, les permis délivrés par favoritisme ou les contrôles techniques incomplets sont criminalisés.
Autre volet : le permis de conduire. Formation obligatoire, examens médicaux réguliers, lutte contre la consommation de substances illicites. Pour les conducteurs professionnels, le texte encadre le transport de personnes et de marchandises, impose certificats de compétence et respect des temps de repos.
La technologie n’est également pas oubliée : paiement électronique des amendes, dispositifs de détection, stations de pesage fixes et mobiles, systèmes d’information pour suivre les accidents et identifier les points noirs.
La lutte contre la fraude est durcie. Les pièces de rechange non conformes sont visées, surtout quand elles sont à l’origine d’accidents. Les sanctions seront plus lourdes.
Sayoud a enfin terminé sa présentation en insistant sur une approche large : prévention, dissuasion, coordination. La finalité mise en avant demeure la suivante : un système routier sûr et durable, pensé pour protéger les citoyens.
