Pétrole : le baril grimpe à 125 dollars, l’Algérie relance ses recettes en devises
Le pétrole atteint 125 dollars, l’Algérie voit ses recettes en devises repartir à la hausse © Pexels - Algérie Zoom
Le marché pétrolier repart brusquement à la hausse. Ce jeudi 30 avril, le baril de Brent de la mer du Nord a franchi la barre des 125 dollars, atteignant même plus de 126 dollars en début de séance avant de légèrement reculer. Un niveau qui n’avait plus été observé depuis les fortes tensions énergétiques de 2022. Une telle flambée du pétrole ne peut que stimuler les entrées en devises de l’Algérie.
Derrière cette situation, la nouvelle crispation autour du détroit d’Ormuz et la perspective d’un blocus maritime américain prolongé autour de l’Iran. La Maison Blanche envisage de maintenir cette pression « pendant des mois si nécessaire », selon plusieurs médias américains, alors que les discussions pour une désescalade restent au point mort.
Pour les marchés, le signal est clair : le risque sur l’approvisionnement mondial augmente. Et pour les pays exportateurs d’hydrocarbures comme l’Algérie, cette flambée des prix représente une fenêtre financière importante.
Le Brent s’envole avec les tensions autour du détroit d’Ormuz
Depuis plusieurs semaines, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbée. Seuls quelques navires parviennent encore à y transiter chaque jour, dans un contexte de forte prudence des opérateurs.
Ce passage maritime reste stratégique : il concentrait auparavant près d’un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. Dès lors, chaque restriction provoque un choc immédiat sur les prix.
Le Brent a ainsi progressé de près de 7 % en quelques heures pour atteindre environ 125,60 dollars. Donald Trump a lui-même évoqué cette option en expliquant que « le blocus est un peu plus efficace que les bombardements », selon des propos relayés par le média américain Axios.
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Washington juge cette stratégie moins risquée qu’un élargissement direct du conflit ou qu’un retrait total du dossier. De son côté, Téhéran affirme pouvoir tenir grâce à des circuits alternatifs et réclame que la question de la circulation maritime soit traitée avant celle du nucléaire dans les discussions futures.
Mais sur les marchés, ce sont surtout les anticipations qui comptent. Et elles restent tendues.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a parlé jeudi d’« un défi majeur sur le plan énergétique et économique », estimant que le monde faisait face à une pression exceptionnelle sur les marchés du pétrole et du gaz.
Hausse des prix du pétrole qui profite aux recettes en devises de l’Algérie
Pour l’Algérie, cette poussée du pétrole peut changer l’équation budgétaire avec des revenus plus importants en devises.
Le pays tire encore l’essentiel de ses recettes extérieures des exportations de pétrole et de gaz, même si les autorités poursuivent une stratégie de diversification et de développement des exportations hors hydrocarbures.
Quand le Brent grimpe, les entrées en devises suivent rapidement. Et à 125 dollars le baril, l’effet devient très concret.
Le précédent de 2022 reste parlant. Après la hausse provoquée par la crise internationale cette année-là, les exportations algériennes de pétrole et de gaz avaient atteint un sommet de 9.871 milliards de dinars, soit environ 65 milliards de dollars.
Les chiffres ont ensuite reculé : 7.945 milliards de dinars en 2023, puis 6.605,8 milliards de dinars en 2024. La remontée actuelle des cours pourrait donc redonner de l’air aux finances extérieures.
Il s’agit clairement d’une conjoncture favorable pour un pays qui cherche à réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures sans perdre l’avantage qu’ils procurent encore.
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Cette hausse du pétrole reste néanmoins liée à un contexte international instable. Elle ne repose pas sur une dynamique économique classique, mais sur une tension géopolitque persistante.
Autrement dit, l’aubaine existe, mais elle reste temporaire.
Les marchés surveillent désormais deux éléments : l’évolution réelle du blocus autour de l’Iran et la capacité des grandes puissances à éviter une nouvelle escalade dans la région.
Si la pression se prolonge, les cours pourraient rester durablement élevés. Un tel niveau du prix du pétrole soutiendrait mécaniquement les recettes de l’Algérie en devises. À l’inverse, une reprise fluide du trafic maritime ferait rapidement retomber les prix.
Pour Alger, l’enjeu reste donc double : profiter de cette phase favorable sur les hydrocarbures tout en maintenant la trajectoire engagée vers une économie moins dépendante du pétrole.
